vendredi, avril 15, 2005

Colère

Dans le texte qui suit, les parties en bleues sont mes pensées retenues par professionnalisme.
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Hier j’expliquais à une cliente que je ne pouvais pas lui donner un coupon cadeau (ça c’est une facture sur laquelle on ne voit pas le prix) parce qu’un échange est une vente finale. Elle me dit que je peux faire une exception pour elle – C’est certain voyons – parce qu’elle est venue la veille et que c’est moi qui l’ai servie – pis moi je me rappelle de la face des 200 clients que je voie dans une journée - . Que c’est important qu’elle puisse avoir le coupon cadeau parce que c’est pour un cadeau justement et qu’elle est une bonne cliente – 16,09$ ça fait une bonne cliente ça? –

Je lui explique que je ne peux rien faire pour elle et elle me dit : « T’es quand ben rien que juste une caissière, il doit y avoir du monde plus élevé que toi dans la hiérarchie qui va faire une exception pour moi. »

Vrai.

Mais accessoirement, je suis aussi un être humain. Et je mérite le respect comme n’importe qui. J’ai sans doute plus d’études que toi derrière la cravate sauf que ça ne m’empêche pas de bien traiter tout le monde qui se présente devant moi, nonobstant ma supériorité d’études. Je suis le bas de l’échelle dans cette entreprise c’est certain, cependant je refuse de donner à quelqu’un, de borné comme toi, un avantage sur moi. Ce n’est pas parce que tu as une carte de crédit gold que tu vaux plus que moi! Financièrement peut-être, mais pas autrement.

Moi, le gens qui pensent que l’argent et le «good looking» social achètent tout, ça me pue au nez. Dans le présent cas, c’est clair que la classe, ça ne s’achète pas!

10 Commentaires:

Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Je me suis toujours dit que l'on voyait la vraie face des gens quand ils sont dans des situations extrêmes. Et comme dans ce monde, consommer est indirectement la réalisation de soi (ugh!), le client, en consommant, en dépensant l'argent qu'il a si durement gagné, se retrouve en situation extrême: celle où il se réalise, où il se croit en plein pouvoir.

J'en trouve ça presque beau à quel point ils deviennent désaxés soudainement, quand ils perdent leur soi-disant pouvoir de consommateur. Ils paniquent. Ils perdent toute notion de respect, toute humanité en lui est détruite. Ils sont prêt à faire perdre le boulot de quelqu'un pour conserver ce pouvoir si satisfaisant de consommateur, qui ne se résume souvent qu'à trois dollars et trente huit sous, ou encore à échanger un certificat cadeau. Ils feront des crises difficiles même à imaginer, les insultes sont prêtes à couler, les arguments ressemblent soudainement à ceux que je n'aurais osé dire à ma mère que dans mon très jeune âge.

Les gens ne sont pas dans leur état normal lorsqu'ils sont en mode "consommateur". Le truc pour survivre à leur stupidité et leur manque d'humanité? En avoir pitié.

11:06 a.m.  
Blogger La Souris & Myrrha s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Je déteste les gens snobs qui croient que leur compte de banque leur donne tous les droits sur les autres. Surtout le droit de les mépriser.

À l'âge de 17 ans, une folle, conduisant BWM, portant vison et rolex, est venu frapper chez moi, hurlant qu'elle allait appeller la police parce que j'avais stationné ma vieille voiture DANS LA RUE devant sa maison à 300 000$!

Mais dit-moi, peut-être était-ce la même dame!? ;)

2:32 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Ha mon dieu. Elle je crois que je l'aurais délibérément frappée. Oh la la. Oh oui, j'aurais frappé, c'eut été trop.

4:45 p.m.  
Blogger Mamathilde s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Robin : la pitié est un sentiment que je n'aime pas particulièrement. Je trouve qu'il est retors. C'est un sujet complexe que j'aborderai peut-être un jour sur ce site.

Souris : j'en serais surprise parce que la dame dont je parle est une parvenue et c'est d'une évidence criante.

L'essentiel pour moi était de me sortir cette histoire du système. Maintenant que c'est fait, je me sens beaucoup mieux et bien moins atteinte par la mesquinerie de cette énergumène.

6:36 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Mathilde,

j'ai bien hâte que tu en parles, de la pitié. J'ai hésité avant d'écrire ce mot... Je l'utilisais un peu plus de le sens de la célèbre citation de jésus: "j'ai pitié de vous, car vous ne savez pas ce que vous faîtes". Bon je suis d'accord, la pitié implique que celui qui la ressent se croit automatiquement dans la raison. C'est peut-être ce qui choque avec ce mot.

Mais des fois, je les trouve vraiment très CONS, les clients. Et je n'éprouve aucun remord à en avoir pitié.

Mais je comprends que le mot "pitié" soit un peu amer.

11:55 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Comme je trouve ce sujet très juteux! Puisque Robin et moi travaillons au même endroit, nous nous comprenons sur le fait qu'il nous arrive souvent d'en voir des vertes et des pas mures.

Pour ce qui est du service à la clientelle difficile, c'est notre lot de simple représentant des ventes. Ça doit être un des raisons pour lesquelles je termine l'an prochain mes études universitaires: le moins possible en bas de l'échelle! Je projette de devenir enseignant au secondaire (en Univers social). Ce qu'il y a de bien dans ce domaine, c'est que, malgré les difficultés rencontrées, l'enseignant est toujours protégé et supporté. Bref, je suis tout à fait d'accord avec ta réaction...

10:40 a.m.  
Blogger Mamathilde s'est arrêté(e) pour réfléchir...

En fait, la pitié implique surtout de la condescendance. Et je n'aime pas beaucoup cela.

Je n'aime pas que certaines gens, sous divers prétextes (éducation, niveau professionnel ou salarial) se placent plus haut que d'autres. Et puis je me dis que si j'ai pitié de quelqu'un je ne voudrais sans doute pas serrer cette personne dans mes bras. Ce qui fait en sorte que je trouve le sentiment veule.

Je ne me sens pas très claire, j'espère que vous comprendrez tout de même mes propos

2:43 p.m.  
Blogger Luzur Maurat s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Parle en bleu, au moins une fois, trouve une victime, ça libère...

12:43 a.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Francois Deslauriers, tu dis:
"malgré les difficultés rencontrées, l'enseignant est toujours protégé et supporté."

Il est temps que je remette ta pendule à l'heur. Mon copain est prof au secondaire, et l'an dernier, ils ont (tu dois t'en rappeller, ça a fait les manchettes) fait une grève de 3 jours.

Depuis, les parents ont intenté un recours collectif contre eux pour les journées de travail perdues (sous entendre: consacré à leurs enfants, quelle perte!) et ils sont toujours sans convention de travail. Ils ne sont protégés et respectés par personne! Les parents gueulent contre les enseignants qui donnent des devoirs à leurs enfants, parce que c'est trop d'ouvrage, et ils gueulent lorsque leurs enfants échouent, car c'est forcemment la faute du prof... Et ça c'est sans parler des menaces des élèves (menace de mort entre autre... véridique, je le jure!)

J'espère que t'as les baskets bien accrochés, parce que c'est du sport!

10:42 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Pour répondre à Mathilde, elle m'a sûrement reconnue, car je travaille avec elle (hehe) mais pour le bénéfice de vous tous, je désirerais écrire une expérience vécue dans le même magasin ...

Une cliente se présente avec un article qu'elle souhaite se faire rembourser. Je lui explique que nous ne faisons pas de remboursement. Elle me répond (de manière très désagréable) qu'elle a trouvé le même article ailleurs pour un prix moins élevé, et que par conséquent elle ne reviendra certainement plus acheter chez nous puisque nous vendons nos produits beaucoup plus cher qu'ailleurs!

Je lui réponds (un peu exaspérée) que ce n'est pas le problème du magasin d'offrir les mêmes prix qu'ailleurs, que c'est SA responsabilité de cliente de chercher le moindre prix, et qu'en résumé, je m'en fiche.

Je vous jure, je l'ai vu blêmir. Elle m'a répliqué (très fâchée) qu'en tant que commerçant, nous sommes OBLIGÉS de la rembourser, que c'est la loi de la protection du consommateur qui le dit, que nous DEVONS offir le remboursement systématique dans les 30 jours suivant l'achat, etc... etc.

Je connais la loi, et je sais qu'elle a tort. Je lui réponds de manière très directe (moi qui suis si mielleuse d'habitude) que la loi ne nous oblige même pas à offrir une politique de retour. Nous offrons, très gracieusement, l'échange dans les dix jours... Rien n'y fait, elle n'en démors pas.

Pour m'en débarrasser, je lui dit d'aller voir un directeur, qui va lui répéter la même chose. Mais tout au fond de moi, je sais bien que les clients qui insistent un peu finissent en général par obtenir ce qu'ils veulent... Et je me doutais bien que je la verrais retontir à ma caisse avec un petit sourir narquois, le nez en l'air, et l'air de dire: "tu vois, tu avais tort".

Mais le directeur l'a trouvée tellement désagréable qu'il a tenu son bout (et le mien par le fait même) et lui a refusé le remboursement. Quant à nous, les caissiers et caissières, nous avons maintenant une copie PLASTIFIÉE de cette loi bien au chaud sous le comptoir, n'attendant qu'une occasion de briller sous la mine déconfite d'un client trop imbu de sa propre importance!!

10:49 p.m.  

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