jeudi, septembre 20, 2018

Vent de fraîcheur

Une des choses que je trouve profondément amusante en habitant dans une contrée qui vit quatre saisons fort différentes les unes des autres, c'est de constater, année après année, que l'arrimage entre deux saisons est parfois un peu confusant pour plusieurs d'entre nous. Hier matin, je me suis levée dans un matin frisquet. Pas vraiment froid, mais avec une température somme toute normale pour la saison sauf que l'été s'était évanoui dans la nuit sans crier gare nous plaçant devant un changement de température assez impressionnant.

Selon l'habitude que j'ai prise depuis mon déménagement, j'avais bu mon café sur mon balcon, pour le plaisir, même si bon, pour le boire chaud, j'ai dû me dépêcher. N'empêche, avec une bonne veste, j'étais très bien et je me sentais en réalité, assez heureuse parce que la température à l'intérieur de mon appartement avait enfin atteint un niveau acceptable. À l'arrêt d'autobus que je fréquente, il y avait trois faunes : les frileux qui avaient sortis les bottes d'hiver et les parkas, les non-abonnés à la météo qui étaient toujours en sandales et en bermudas et les autres qui avaient ajouté un lainage et des vêtements longs à leur accoutrement habituel.

Je crois que les premiers sont souvent des personnes récemment arrivées ici, qu'ils y soient pour un long ou un court terme. Il y avait cette jeune femme à l'accent européen qui avaient de grosse moufles, un foulard et une tuque en plus d'une grosse veste que je ne sortirais personnellement pas avant que le mercure ait commencer à descendre sous zéro. Mais elle, elle avait visiblement très froid et sautillait d'un pied sur l'autre en attendant que le bus se décide à pointer le bout de son nez. Paradoxalement, il y avait la meute adolescente qui était encore toute en bras et en jambes. Celle-là je la soupçonne d'agir un peu par effronterie, en tout cas au moins autant que par indifférence au froid.

Personnellement, j'utilise le système de la pelure. J'en ajoute de temps en temps et celles-ci s'épaississent au fur et à mesure que les degrés baissent. C'est d'ailleurs le seul moyen de survivre aux wagons de métro bondés à cette période charnière de l'année. La jeune Européenne que j'avais remarqué plus tôt l'a d'ailleurs appris à ses dépends la pauvre : elle était toute rouge et en sueur après une seule station. Je crois qu'elle ne s'attendait absolument pas à ce choc climatique.

Et surtout, ce changement d'humeur de la météo laisse présager la flambée des couleurs de l'automne, ce moment magnifique où les arbres se parent de toutes leurs couleurs avant de tranquillement laisser tomber leur feuillage. J'ai déjà prévu aller me promener dans un certain parc du quartier lors de ma prochaine journée de congé, histoire de vivre un minimum ce moment. Parce que si j'ai bien profité des largesse de cet été caniculaire, j'ai bien l'intention de vivre chaque minute de la transition automnale qui me sera impartie.

J'adore vivre sur une île qui rivalise de beauté à chacune de ses saisons. Je crois que c'est la meilleure manière de sentir la vie évoluer.

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dimanche, septembre 16, 2018

Rentrée gratinée

Depuis que je pends mes vacances en septembre, je me plais à dire à qui veut l'entendre que je retourne au travail et que c'est déjà Noël, même si la rentrée scolaire est à peine terminée. Dans le commerce où je travaille, c'est un peu vrai. D'abord, il faut bien recevoir les choses que l'on va vendre un peu avant de les vendre justement. Et mieux vaut pour nous débuter bien tôt que de tout recevoir en même temps. Je l'ai déjà vécu et je peux vous garantir que c'était épuisant. Ensuite, c'est la rentrée littéraire d'automne, donc c'est l'effervescence des nouveautés. Oh, il y en a bien durant les autres saisons, mais l'automne est une saison toute particulière, ne serait-ce parce qu'à Montréal on prépare la grande fête du Salon du livre.

Cette année, mon retour au travail a été, je dirais, gratiné. Je travaillais depuis longtemps avec un libraire à temps complet sur laquelle je pouvais me fier pour faire avancer les tâches durant mes absences. Mais elle avait envie de relever des défis et a accepté un poste de gestionnaire dans une autre succursale. Je n'ai pas perdu de temps et aussitôt embauché quelqu'un pour la remplacer, mais nous n'avons travaillé que 4 jours ensemble avant que je parte. En même temps, les deux libraires à temps partiel qui travaillaient avec nous depuis plusieurs années m'ont remis leurs démissions pour aller voir ailleurs ce que la vie pourrait leur apporter. Dans un cas, j'ai pu remplacer avant mon départ, dans l'autre, j'ai du faire confiance aux autres gestionnaires pour combler le poste dans mon équipe. Il me restait donc une ancienne (de 5 mois), et plein de nouveaux.

Manque de bol, pour des raisons bêtement administratives, elle a aussi dû démissionner pendant mon absence. En plus la personne que j'avais embauché pour le temps complet ne se plaisait finalement pas parmi nous et a remis sa démission avant la fin de sa seconde semaine de travail.

Pendant ce temps, les livraisons ont continué à entrer en magasin. Alors je suis arrivée au magasin et j'ai découvert une montagne de chose à faire (au sens propre comme au figuré) et tout plein de nouveaux employés à former. Dire que j'avais l'impression que je n'arriverai pas à me sortir la tête de l'eau avant longtemps tient de l'euphémisme. Je me sentais un peu comme à l'ouverture du magasin, au moment où tous les employés étaient nouveaux et que personne, ou presque n'était capable d'effectuer une opération de base sans aide.

Disons que la semaine a passé très, très vite et que je n'ai pas fini de grimper ma montagne. Ce qui ne m'a pas empêché d'avoir beaucoup de plaisir à travailler parce que j'aime faire de la formation et de voir tranquillement les employés voler de leurs propres ailes.

N'empêche que je me permet de souhaiter que le reste de mon automne soit un peu moins rempli de roulement de personnel.


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mercredi, septembre 12, 2018

Figue ou raisin?

Je n'avais jamais été en République Dominicaine. Je ne regrette pas ce voyage, même si ce ne fut pas mon favori pour plusieurs raisons, la première c'est que n'en connaissant pas grand chose, j'ai peut-être mal choisi l'endroit où j'allais. Il m'est apparu assez évident, peu après mon arrivée sur place que c'était un endroit où beaucoup d'hommes blancs allaient retrouver des Dominicaines entretenues. Je ne suis pas à l'aise avec ce genre de commerce ni ici ni là-bas. Ceci a fait en sorte que j'ai eu beaucoup plus de difficulté à nouer des relations intéressantes avec les autres voyageurs. Mais j'ai bien compris pourquoi les prix étaient si alléchants pour une personne seule.

Ensuite, hors saison comme cela, le site était passablement vide. Alors il accueille, durant les fins de semaines, des Dominicains en pause. Si je trouve l'idée géniale, l'application elle a été plus ardue. Parce que c'est un peu comme si deux faunes totalement distinctes étaient plongées dans la même arène avec des règles complètement différentes. Les Dominicains prennent une chambre en famille, ils sont souvent plus nombreux que les places disponibles dans un chambre. Cet état de fait ne me pose aucun problème, sauf quand autour de ma chambre, il y a un groupe qui s'installe et qui fait la fiesta toute la nuit. Ainsi, j'ai été réveillée à 2h00 du matin par des fêtards qui se criaient d'une chambre à l'autre, sans aucun respect pour le reste de occupants. Ils cassaient de la vaisselle, riaient et se lançaient des insultes pendant que les enfants de leurs chambres réveillés aussi en sursaut hurlaient à mort devant ce vacarme.

Je présume aussi que beaucoup d'entre eux ne sont pas précisément riches. Aussi, ils se jettent sur la nourriture comme si c'était leur seule occasion de manger pour les mois à venir. C'est peut-être le cas, je n'en sais rien. Toujours est-il qu'ils se précipitent collectivement sur le buffet à son ouverture et que munies de tupper ware et de zipplocs, les femmes vident des assiettes complètes dans ces contenants empêchant tous les autres de goûter à quoi que ce soit. J'ai ainsi vu disparaître un plat complet de salade de pomme de terre et toute une table d'assortiments de fromages et de viandes froides. J'ai dû attendre une heure complète avant de pouvoir me sustenter, et je ne suis pas la seule dans ce cas.

Mais le pire, c'est qu'ils jettent tout autour d'eux. Au premier matin de leur séjour, je suis descendue à la plage et je me suis retrouvée devant une gigantesque poubelle à ciel ouvert. Des tonnes de verres en plastiques partout, partout, partout, comme si le tout allait se ramasser tout seul. Eux n'ont visiblement pas conscience que tous ces petits contenants menacent la santé globale de la terre. Vous me direz que mon voyage en avion aussi et vous auriez raison, m'enfin ce matin-là, je voyais des dizaines de verres menacer de se faire repêcher par la marée montante, alors j'ai pris un gros sac de vidange au bar le plus proche et j'ai commencé à ramasser jusqu'à ce que les employés de la plage arrivent et viennent prendre mon relais.

Par conséquent je reviens de vacances mi-figue mi-raisin, heureuse d'en avoir appris un peu sur une culture que je ne connais pas, mais pas tout à fait convaincue d'avoir vécu une expérience confortable.

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dimanche, septembre 02, 2018

Intermède

Je vais me déconnecter pour quelques jours. Une semaine en fait parce que je repars en voyage, seule encore une fois. Non, cette fois ce n'est pas à Cuba, même si c'était mon idée originelle. Mais en vagabondant sur le site de voyages que j'aime beaucoup fréquenter, je suis tombée, en juin dernier sur une offre abracadabrante pour la République Dominicaine. Je n'y suis jamais allée. J'ai donc tout un trac parce que je ne sais pas trop dans quoi je m'embarque et que c'est la première fois de ma vie que je m'aventure dans une destination lointaine totalement inconnue sans accompagnateur.

Évidemment à cause de la finale de mon dernier périple, je ne pensais pas refaire un voyage de fin d'été dans cette région du monde. Mais faut croire qu'une fois qu'on y a goûté, la farniente sur les plages sans aucune responsabilité, porte une sorte d'appel auquel plusieurs ne peuvent résister, moi la première. Il faut dire que ça me fait du bien. Pas tant que je sois en manque de soleil ou de chaleur cette année, de ce côté ça va, disons que nous avons étés largement servi au Québec au cours de l'été. En fait, c'est le fait de changer d'air et de n'avoir à penser à peu près à rien qui me comble. L'eau de mer aussi.

Je suis prête, j'emporte dans mes bagages huit livres. Je ne pense pas tous les lire, mais j'ai besoin d'avoir des options si jamais un titre ne me plaît pas. Après tout, les livres sont mes seuls véritables compagnons durant ces périples à des bouts du monde divers. Ma valise n'est pas encore faite, j'aurai toute la journée de demain pour ce faire et me connaissant, je vais l'avoir complétée en moins de deux.

Je n'ai pas tellement peur d'être à nouveau rattrapée par les tempêtes tropicales se changeant en ouragan : cette année aura été douce dans l'Atlantique comparativement à la précédente. Et puis, si l'an dernier j'ai eu toute une frousse, je n'ai pas envie de me laisser encabaner par elle. Cependant, je ne pars pas le cœur seulement léger puisque comme je l'ai mentionné plus haut, c'est ma première visite en ce pays, en plus je vole avec une compagnie aérienne que je n'ai jamais fréquentée. Mais bon, je vais m'en sortir, j'en suis pas mal certaine.

N'empêche que j'ai bien hâte de plonger mes orteils dans le sable et de voir quels personnages je vais rencontrer. Peut-être plus d'Américains que de Québécois, peut-être pas de francophones du tout; je l'ignore, mais ce que je sais c'est que j'aurai un belle semaine pour observer noter et transposer mes impression, me faire une nouvelle collection personnages pour les moments de l'automne à venir durant lesquels, je le sais d'expérience, je n'aurai plus le temps de penser.

Au final, je dirais que je ne vais pas seulement paresser au soleil, non, je m'en vais me remplir la tête d'idées que je pourrai raconter dans les jours mornes de novembre quand mon imagination m'aura désertée.

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jeudi, août 30, 2018

Vacances agitées

Quand on est en vacances et qu'on a décidé de passer ce temps à la maison, on s'attend à ce que rien de bien bien excitant se passe dans notre quotidien. Ouais... c'est de la pensée magique, en tout cas, c'est ce que je crois étant donné que les deux derniers jours n'ont pas tout à fait été de tout repos.

Mardi soir, j'étais innocemment sur mon balcon à lire en suant à grosses gouttes. Il faisait chaud et humide, toutes les pièces de ma maison me semblaient étouffantes, j'avais peine à me concentrer sur quoi que ce soit. Il était autour de 23 heures et je commençais à envisager de migrer vers mon lit tout en sachant pertinemment que j'aurais beaucoup de peine à trouver le sommeil à cause de la ixième canicule de cet été torride. J'allais me lever quand le système d'alarme du bloc s'est mis à retentir. Quand je dis retentir, je veux dire par là que c'était assourdissant. Je n'ai fait ni une ni deux, j'ai attrapé mon téléphone et mon sac à main et j'ai descendu l'escalier en colimaçon qui s'accroche à la galerie et je me suis pointée à l'avant de l'édifice. J'avais tout juste eu le temps de me rendre compte qu'une forte odeur de fumée émanait du corridor jouxtant ma porte.

Tranquillement, les autres locataires se sont amassés sur le bord du trottoir avec moi. Moins de cinq minutes après le déclenchement de l'alarme, deux camions de pompiers étaient à la porte. Étant donné qu'il n'y avait pas de flamme visible, ils nous ont demandé si on savait d'où ça provenait et mes voisines et moi avons indiqué notre corridor. C'est à ce moment que le ciel a décidé de crevé et nous nous sommes tous retrouvés détrempés sur le trottoir. Compatissants, les pompiers nous ont laissés rentrer dans le hall étant donné qu'aucune structure n'était en feu. Il sont resté 6 ou 7 minutes le temps d'éteindre un feu de cuisson et d'aérer le logement concerné.

Et puis hier, je venais de partir un film quand le ciel s'est obscurci comme si la nuit tombait. Pourtant il était à peine 15 heures. Le vent ayant décidé de se mettre de la partie en plus d'une violente pluie, j'ai dû me résoudre à fermer portes et fenêtre afin de ne pas retrouver des mares sur mes plancher. Comme je ne prise pas particulièrement les orages, je me suis enfermée dans l'écoute du film que j'avais choisi quand l'électricité a lâché. Heureusement, j'écoutais le film de mon ordinateur qui était bien chargé, j'ai donc pu le terminer, ce qui m'a permis de passer le temps. Parce qu'il ne faut pas oublier que j'HAÏS les pannes électriques.

Évidemment, le ciel s'est dégagé presque qu'aussi rapidement qu'il s'était obscurci, cependant l'électricité elle a pris son temps pour faire une réapparition. En fait, ça a pris un peu plus de quatre heures. Je me sentais assez isolée parce que mon téléphone était à plat ou presque. Heureusement, j'avais la radio pour me tenir informée de ce qui se passait à la suite de cet orage violent, j'ai donc réintégrer mon balcon pour attendre que la lumière revienne dans l'escalier de secours de l'édifice à côté.

Étonnamment, je n'ai pas paniqué, même si j'ai eu à revoir le menu que j'avais prévu pour le souper. Je me suis rabattue sur une salade et des fromages, parce que franchement des côtelettes de porc crues ne me tentaient pas plus qu'il ne le fallait.

En bref, j'ai dû admettre que malgré toute ma meilleure volonté, vouloir se reposer n'est pas toujours de tout repos...

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dimanche, août 26, 2018

Du soleil dans la pluie

Depuis deux ou trois ans, avec mon amie Geneviève, nous avons beaucoup de plaisir à aller passer des après-midis au Céramik Café. C'est une bonne manière de libérer notre créativité, de nous voir, mais pas tant de parler, parce que concentrées comme nous le sommes, nous oublions souvent de dire quoique ce soit. Ainsi on a coloré des gnomes, une tasse, un lion un repose cuiller et pour moi aujourd'hui, un petit animal pour ma nièce, son frère ayant obtenu le lion plus haut mentionné.

À tous les coups, je dois me pousser dans le dos pour me rendre au rendez-vous et je ne le regrette jamais parce que j'en sors reposée, calme et heureuse. Je devrais vraiment reprendre une pratique artistique plus fréquente (autre que l'écriture, bien entendu) tant ça me fait du bien. Et puis, si je ne suis pas une grande dessinatrice, j'ai appris très jeune à manier les pinceaux, crayons et autres outils d'artistes en herbe. Alors je dirais que je me défend honorablement en ces domaines. D'ailleurs, les enfants présents en même temps que nous dans le café s'exclament souvent positivement devant mes œuvres.

Par un journée grise, remplie d'averses, l'option du Céramik nous semblait particulièrement bienvenue pour meubler les heures de la journée. Nous n'étions pas les seules à avoir pris cette option. L'endroit était plein et particulièrement bruyant. Des enfants criaient et s'agitaient dans tous les sens. Si l'activité était reposante pour le cœur et l'esprit, elle ne l'était pas du tout pour les oreilles. Ce qui ne nous dérangeait pas vraiment, en tout cas, pas suffisamment pour briser notre concentration.

Derrière moi, il y avait une famille dont un des enfants était trop petit pour participer à l'activité. Pendant une vingtaine de minutes, qui m'ont parues beaucoup plus longues, le petit pleurait pour obtenir l'attention de sa mère ou celle de son père. Il était tout seul dans son carrosse tandis que les autres peinturluraient joyeusement les objets qu'ils avaient choisis. Alors il battait furieusement des pieds accrochant fréquemment ma chaise au passage. Au final, le papa a décidé de sortir promener le poupon qui a fini par s'endormir assez lourdement pour que tous deux puissent revenir au café, un peu plus calmement.

Évidemment, je me suis amusée à espionner les œuvres des autres et si certaines de celles produites par des enfants m'arrachaient un sourire attendri, j'ai pu, encore une fois, constater que ces céramiques permettent de montrer beaucoup de talents tout à fait divers. Si j'hésite à franchement me glisser entre les tables afin de zieuter adéquatement toutes ces œuvres, je n'hésite jamais à m'exclamer positivement devant quelque chose que je trouve particulièrement réussi. Ça appelle des sourires et des hochements de tête ravis.

En résumé, je dirais qu'aujourd'hui mon amie et moi avons fait du soleil avec la grisaille qui nous était impartie.

Je vois difficilement comment on aurait pu mieux occuper notre journée.

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mercredi, août 22, 2018

Madame Bidoune

Je suis à l'époque de ma vie où je découvre tout, ou presque, par ma bouche. J'ai Clémentine, que j'aime beaucoup et qui m'aide à me faire les dents. Elles ne sont pas encore apparues, mais elles me fatiguent beaucoup. Mais surtout, en goûtant, je commence à comprendre ce à quoi j'ai à faire. Et je suis chanceuse, dans ma vie, j'ai trois personnes qui m'aident beaucoup dans mes découvertes. Il y a d'abord Maman; c'est ma personne préférée parmi toutes celles que je connais. Elle a une voix si rassurante, et puis elle et moi on se connaît depuis si longtemps. Après tout, j'ai passé neuf mois dans son ventre, alors je connais toutes les rondeurs de sa voix par cœur et je me dis souvent que lors qu'elle me parle, chante, me souri c'est un peu comme dans ce temps-là ou on était une.

Ensuite, il y a Papa. Il bouge beaucoup. Quand j'ai mal aux dents à venir et que j'ai de la misère à me supporter, c'est la seule personne qui peut me prendre en restant assis, parce qu'il m'assoit sur sa jambe et la secoue vigoureusement. Je ne suis pas certaine que ça fasse du bien, mais en tout cas, ça me change assez les idée pour que j'arrête de penser à l'inconfort. J'aime beaucoup mon papa et ses grandes mains sécuritaires.

Enfin, il y a mon grand frère. Oh lui je l'aime! Je le regarde de mes grands yeux bleus jeans totalement subjuguée. Il est gentil mon grand frère, il s'occupe de moi parfois, me donne des bisous doux. Il me fait rire en en faisant vibrer ses lèvres sur mon ventre. Alors, j'essaie de l'attraper. J'aimerais beaucoup ça réussir à le mettre au complet dans ma bouche, pour comprendre comment il fait pour être si grand, déjà savoir parler, être aussi agile avec ses mains et surtout savoir marcher.

Dès qu'il apparaît dans mon champ de vison, je souris, ravie de le voir. Je tends mes menottes vers lui pour en attraper un morceau. Maman ne veut pas que je mette son nez ou ses mains dans ma bouche, je ne comprends pas pourquoi. Moi, je crois que je comprendrais mieux comment faire pour lui ressembler si je pouvais seulement y goûter.

Il est si merveilleux mon frère, il connaît des histoires. Des fois, il prend des livres et me le lit. Il fait beaucoup de bruits et essaie de voir si je tente de faire comme lui. Oh, j'essaie, mais je ne suis pas encore capable. Je dois donc me contenter de babiller allègrement pour bien lui montrer que ça m'intéresse. Et quand il me chante la chanson de Madame Bidoune, je trouve que c'est la chose la plus merveilleuse du monde. J'aime la chanson; quand Maman la chante c'est bien, quand papa la chante aussi, mais quand mon grand frère me la chante, c'est juste parfait.

Quand je vais être grande, je voudrais lui ressembler. J'espère de tout mon cœur que je vais y arriver.

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dimanche, août 19, 2018

Assassine

Disons que je vis dans un spacieux 3 ½ que je prends pour un 4 ½ puisque j'utilise largement la mince extension extérieure qu'est mon balcon. Je le vis réellement comme une pièce supplémentaire. Et c'est pas mal la pièce que j'utilise le plus. Par voie de conséquence, ma porte est pratiquement toujours ouverte. Je me plains souvent de me faire bouffer par les moustiques continuellement. Disons qu'en laissant la porte grande ouverte tout le temps, je ne m'aide pas vraiment. Enfin bref, ce sont des désagréments mineurs à tout le bonheur que je trouve à fréquenter ainsi mon extension.

Toutefois, hier en rentrant du travail, j'ai eu une drôle de surprise. Dans la fenêtre de ma pièce principale. J'ai deux beaux panneaux de rideaux blancs agrémentés de belle grosses fleurs rouges et oranger. Ça habille la fenêtre et ça donne du pep à la pièce. Dessous, il y a trois panneaux de plein jour ce qui me permet une certaine intimité à l'intérieur, mais surtout ça empêche les rayons du soleil de trop réchauffer un appartement dans lequel les courants d'air sont absents. Et avec l'été qu'on vient de connaître, ces pleins jours valent leur pesant d'or.

Sauf qu'à mon retour hier, j'ai découvert une colonie de mouches prises entre les fenêtres et les pans du plein jour. Il devait y en avoir une trentaine sans exagération. J'ai bien essayé de les chasser, mais c'est nono une mouche, j'avais beau avoir ouvert toutes les fenêtre en plus de la porte, elles se ruaient collectivement vers les résidus de bouts de fenêtre plutôt que de prendre la poudre d'escampette par les ouvertures que j'avais créées. J'ai donc entrepris des les chasser à mains nues. Résultat : je suis désormais une tueuse de mouche en série. Les pauvres étaient épuisées. Parce que dans une fenêtre, il n'y a pas beaucoup de nourriture pour une mouche. Alors, elles ne sont plus du tout alertes et vaillantes. C'est une sensation des plus désagréables de sentir une mouche dans ses mains. En tout cas, moi je ne prise pas trop.

J'ai donc abandonné ma pseudo tentative de sauvetage. De toute manière, je n'avais qu'un succès mitigé. Et puis, si des mouches qui me volent au dessus de la tête quand je dors ça m'horripile, lorsqu'elles sont coincées entre une fenêtre et un plein jour, elles ne me dérangent pas beaucoup. Mais à mon réveil, j'ai découvert un charnier. Il y avait à peu près vingt mouches mortes sur le bord de la fenêtre ou sur le plancher. Quelques unes ne l'étaient pas vraiment, ce qui était assez troublant, je dois le dire.

J'ai ramassé le charnier, fait disparaître tous les corps morts dans le fond de ma poubelles, un peu découragée. J'envisage de me munir d'un de ces trucs collants qui ornent (ornaient?) les chalets québécois envahis par les mouches, pour l'été prochain. Parce qu'il semblerait que je me sois installée juste assez à la campagne pour que j'aie à réfléchir à a cohabitation avec les moustiques de toutes sortes.

Je ne me rappelais pas à quel point Ahuntsic était un espace champêtre. Je croyais que mon idée de la banlieue en ville était un souvenir romantico tordu de mon enfance.

Faut croire que je me trompais.

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mercredi, août 15, 2018

Les règlements

Je ne suis pas allé à la garderie cette semaine, enfin pas encore. Parce que j'ai des boutons partout et surtout dans la bouche. Il faut que je fasse attention à tout ce que je mets dans ma bouche, ne pas prêter ma cuiller ou ma fourchette. Bref, faire beaucoup attention et moi j'oublie souvent que je dois faire attention. Alors je suis resté à la maison avec Maman et Coccinelle pendant deux jours. Comme je suis grand maintenant, j'aide beaucoup Maman avec Coccinelle, quand elle fait le dîner : c'est moi qui m'occupe de ma sœur. Je fais toutes sortes de choses avec elle comme lui mettre un chapeau de chien beaucoup trop grand pour elle, ça lui fait une drôle de tête, ce qui me fait rire. Ou encore, je lui lis mes livres préférés, particulièrement ceux de dinosaures et je rugis bien fort pour l'épater. Coccinelle me regarde toujours très attentivement. Je crois qu'elle aime ça quand je lui lis des livres.

Il fait encore chaud ces temps-ci alors je voulais souper au club. Grand-Mamie et Tatie sont venues nous chercher parce qu'il n'y a plus de rue, ni de trottoir devant la maison alors sortir avec la poussette c'est un peu compliqué pour une seule Maman. Juste avant de partir, j'ai trouvé une belle feuille d'autocollants de dinosaures. Je l'ai attrapée et je me suis dit que ce serait une belle activité à faire avec Tatie avant la baignade. C'est ce qu'on a fait. Sauf que les dinosaures étaient fragiles alors ils se cassaient quand j'essayais de les décoller avant de pouvoir les placer sur ma belle feuille blanche. Alors Tatie prenait les petits morceaux qui n'avaient pas décollés et les remettaient à la bonne place, et des fois, on riait vraiment beaucoup à cause de tous ces dinosaures pas de tête. C'était très agréable.

Après, on a pris la collation. Tatie avait des chips et des concombres. J'aime ça, alors je lui ai dit : « Tatie, nous on partage ok? » Elle a accepté après avoir jeté un regard interrogateur à Maman. Des fois je pense que les adultes croient que je ne les vois pas se poser des questions avec leurs yeux. Mais je vois tout, tout, tout.

Comme j'avais eu beaucoup de plaisir avec Tatie, j'ai omis de lui faire une liste d'interdictions. Surtout celle de se baigner avec moi. Elle nage bien Tatie. Et moi aussi, je suis capable de sauter du bord de la piscine, sans flotteur, et de nager jusqu'à Maman, mais seulement, si elle a les deux pieds pas terre, qu'elle me regarde et qu'elle dit : « go ». Maintenant que je peux faire cela, je ne veux plus mettre mes flotteurs, sauf pour aller sauter du tremplin. Parce qu'avec les flotteurs, je ne peux pas nager en dessous de l'eau, et c'est ça que j'aime moi, bon. Mais Maman et Papa, pensent que je ne peux pas faire ça tout à fait tout seul comme le grand frère de Chacha.

Par conséquent, c'est un peu plus compliqué de me baigner, parce que je ne veux pas mettre les flotteurs et mes parents ne veulent pas que j'aille à l'eau sans eux si je ne mets pas mes flotteurs. Quand je serai grand, comme le grand frère de Chacha, je vais faire comme je veux et nager tout le temps sans flotteur, Je me le promets!

Après la dernière baignade, j'ai pris un beau livre avec des enfants et des pirates et je me suis installé dans le divan du petit chalet et j'ai dit : « Tatie, viens me lire mon livre ». Nous n'avions pas terminé la lecture quand Maman a dit qu'on partait. J'ai attrapé le livre pour le continuer à la maison.

Ça été une belle journée, même si officiellement, je suis malade. Et demain, je passe la journée chez Grand-Mamie, tout seul avec elle.

J'ai hâte de voir ce que cette journée va me réserver.

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dimanche, août 12, 2018

Le 12 août, j'achète un livre québécois

Il y a cinq ans naissait, à l'initiative de deux auteurs québécois que je ne connaissais pas, la journée, j'achète un livre québécois. Déjà, à la première occasion, on en entendait parler en librairie et les clients étaient tout étonnés que nous n'ayons pas fait de mise en place pour l'occasion. Il faut savoir que c'était alors une première et que ça partait d'une page Facebook qui incitait les Québécois à collectivement penser à acheter des livres d'ici de tout acabit, mais ce n'était rien de plus qu'une bouteille lancée à la mer de l'internet. Alors, les libraires ont été surpris par la demande soudaine. L'année suivante, prévenues, la plupart des librairies avaient au moins fait une mise en place.

L'an dernier, nous avions des auteurs en séances de signatures. Plusieurs par succursale, ce qui a occasionné certaines anicroches dans les ballets entre deux auteurs et au final, trop d'événements en même temps c'est comme pas assez, on fini par s'y perdre et le succès est moyennement au rendez-vous, sauf pour l'achat des livres, parce que ça, année après année, c'est un succès qui ne se dément pas.

Cette année, nous avions une auteur de littérature jeunesse, éditée dans une maison d'édition dont j'ignorais l'existence il y a deux semaines. Il va sans dire que je ne connaissais pas davantage cette auteur pourtant prolifique. Elle s'est installée à l'entrée du magasin en début d'après-midi et elle a animé la boutique de très belle manière. D'abord, elle accueillait tous les clients avec un large sourire et expliquait la journée. Bien entendu, elle vendait d'abord ses livres, c'est le jeu, sauf que sa joyeuse bonhomie a fait des miracles pour les ventes d'autres auteurs québécois. Elle disait à tout le monde : « Si mes livres ne sont pas dans votre créneau, au moins faites fièrement votre 12 août ».

Par conséquent, tous les employés ont largement été pris à contribution dans la valse des suggestions de livres d'auteurs d'ici. Sans discrimination; romans, albums, BD, biographies, livres de sport, de cuisine, de croissance personnelle et tutti quanti. Et le personnel a fait sa part, moi incluse avant de quitter la succursale. J'avais appris, vendredi, qu'il y avait eu une augmentation de 323% des ventes de livres québécois le 12 août l'an dernier et ça m'avait réchauffé le cœur, pour tous ces auteurs qui sont trop largement inconnus.

Et en fin de journée, alors que l'auteur avait quitté depuis deux bonnes heures un homme est entré avec ses filles alors que je me battais avec le recyclage. Je l'ai immédiatement reconnu. Il était venu en magasin au début de l'hiver pour me parler de sa petite qui avait des difficultés en lecture et il trouvait ça terriblement triste parce qu'elle se détournait des livres, elle qui les avait tant aimé jusqu'à ce que la lecture devienne un devoir. Je lui avait alors suggéré de prendre un livre qui l'intéresserait lui, pour partager, avec sa fille, la lecture. Et évidemment, de commencer avec des choses faciles pour que la lecture devienne une réussite et un plaisir et non un devoir.

Alors, il m'a présentée à sa fille en lui disant que j'étais celle qui lui avait fait acheter : « Chloé et sa copine de lecture » qui avait permit à la fillette de débloquer de trouver le plaisir de lire, avec son papa. Je dois dire que j'ai vécu une vraie grosse émotion, les larmes me sont littéralement montées au yeux, mais c'étaient des larmes de joie. La petite est partie avec deux beaux livres québécois, fière comme une princesse qu'elle était d'avoir un livre avec presque pas d'images à lire avec son papa. Et lui est parti en me serrant la main et en me disant : « merci, merci, merci », comme si j'avais fait une vraie différence dans sa vie.

Aujourd'hui, c'était une journée de fête qui ne pouvait pas vraiment mieux se terminer.

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jeudi, août 09, 2018

Après la canicule

C'est bien connu, j'aime la chaleur. Enfin, j'aime l'été, parce que j'aime me baigner. Durant plusieurs années, j'ai largement fréquenté les piscines publiques de la métropole histoire de ne pas bouillir dans mon propre sang par les journées de canicule. Mais depuis trois ans, je profite largement du Club, petit havre de campagne en pleine cité, ce qui me permet de prendre mon souffle, même si j'y suis particulièrement attaquée par les moustiques de tout acabit. Entre quelques morsures et de trop longues journées à avoir tellement chaud que même respirer est ardu, je choisi les morsures.

Si je suis très heureuse d'avoir déménagé cette année, un élément de l'ancien appartement me manque : il y faisait généralement frais. En réalité, la température ne devenait insupportable qu'au bout de cinq jours consécutifs de canicule, pas avant. C'est vraiment le seul désavantage de mon nouveau nid : il y fait chaud depuis que j'ai emménagé. Dommage collatéral de la vie en immeuble, les courants d'air sont quasi inexistants. Ce qui explique sans doute pourquoi je vis pratiquement sur les quelques centimètres de mon balcon. C'est bien la seule « pièce » de mon logis dans laquelle je peux espérer vivre un courant d'air.

Et, soyons honnête, cet été, nous sommes gâtés en termes de chaleurs accablantes. À un point tel que la plupart des habitants de l'immeuble se sont munis de systèmes de climatisation. Par conséquent, ils sont très peu présents dans mon entourage, ce qui me laisse le loisir de profiter bien agréablement de pratiquement tout l'espace extérieur. Les seuls bruits que je perçois, sont ceux des climatiseurs. Et c'est un genre de ronron qui peut presque passer pour du silence une fois qu'on s'y est habitué.

Cependant, il est tout de même arrivé, depuis le début de l'été, que Dame Nature fasse une petite trêve dans les degrés et l'humidité ambiante. Pas longtemps, mais juste assez pour que mes oreilles toujours curieuses prennent connaissance des personnes qui habitent autour de chez-moi. Pas tant que j'aie cherché à espionner, mais une fois les fenêtres ouvertes, si je suis toujours, ou presque, toute seule sur mon balcon, forcément, je capte des bribes de vie. C'est ainsi que j'ai compris que la jeune voisine (je la crois au début de l'adolescence)¨avec qui je partage le balcon ne vit pas avec sa maman, mais bien avec une tante. Le cri du cœur qui l'a emportée lorsqu'elle a réussit à obtenir une communication internet avec son pays d'origine en faisant foi. « Maman » est un mot qui se ressemble dans beaucoup de langue, c'est aussi une chose que j'ai pu mesurer.

J'ai aussi été témoin, sans le vouloir, d'un moment d'intimités des corps qui s'entrechoquent, doucement et tendrement. J'aurais préféré ne pas en avoir conscience, par pudeur, mais en même temps, c'est aussi ça la vie. Et avec de jeunes enfants, dans un logis de la même dimension que le mien, je présume que la chambre à coucher n'est pas nécessairement l'endroit le plus approprié pour les parents de se rapprocher. Avoir des oreilles voyeuses comporte sont lot d'indiscrétions.

Mais surtout, j'ai pu mesurer la diversité des personnages qui m'entourent en humant les parfums des cuisines qui se sont échappées des fenêtres. Des odeurs que je ne reconnais pas mais qui mettent l'eau à la bouche à condition que ces appels olfactifs n'aient pas lieux tous en même temps.

Seulement, cette année, mon exploration reste bien sommaire, parce que de canicule en canicule, je n'ai eu que très peu d'occasion d'espionnage.

Il me tarde d'en avoir un peu plus, histoire de bien savoir dans quel environnement je me suis installée.

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dimanche, août 05, 2018

Nageurs dans le sang

Je n'ai que très peu de souvenirs de mon grand-père maternel. Il est mort jeune et moi je n'avais que cinq ans à son départ, forcément, ce n'est pas la personne de ma famille dont je me rappelle le plus. J'ai une mémoire tenace cependant, de lui debout dans sa piscine qui m'attend pendant que je me lance à l'eau sans flotteur. Je ne sais pas quel âge j'avais à ce moment-là, plus de deux ans, moins de cinq. Et je savais nager, toute seule.

D'aussi loin que je me souvienne, j'ai su nager. Je n'ai, par conséquent, jamais eu peur de l'eau. Très fière de mes aptitudes à me débrouiller dans cet espace liquide, j'ai toujours mis de l'avant le fait que j'avais appris à nager presque avant de savoir marcher. Pour moi, l'eau a toujours été un espace de jeu à nul autre pareil. C'était mon élément. Et ce l'est resté. C'est une des raisons pour lesquelles je prends des vacances dans des tous inclus. Ça me permet de jouer dans l'eau une bonne partie de la journée puis de somnoler à l'ombre en lisant un bon livre. Je peux difficilement trouver mieux, selon mes affinités toutes personnelles.

La semaine dernière, j'étais au Club, avec ma mère. Nous étions allées chercher Zazou à la garderie et il s'amusait avec ses amis depuis son retour. Nous attentions ses parents qui attendaient patiemment le réveil de Coccinelle avant de venir nous rejoindre. Il faisait chaud et Zazou voulait se baigner. Ma mère s'était donc mise à l'eau pour l'accompagner et il lui lançait des torpilles pour qu'elle les plonge pour lui. Frétillant d'impatience, je l'ai vu attendre que ma mère ait la tête sous l'eau pour sauter à son tour, sans flotteur et se diriger comme un as vers le fond de l'eau, là où la fusée et la grand-maman étaient rendues.

J'ai crié : « heille ». Mais avant que j'ai eu le temps de me dépêtrer de la table à pique-nique où j'étais assise, et que je m'approche de l'eau, une grand jeune-femme avait sauté devant moi et attrapé le garçonnet par les aisselles afin de le poser sur le bord de la piscine. Lui, ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Parce qu'évidemment, il pouvait nager vers sa grand-mère, il en est capable. Dans sa petite tête, il n'a rien fait de mal. Le problème, c'est qu'il ne sait pas qu'un moment donné il va avoir besoin d'air et qu'il a encore besoin d'un adulte pour se sortir la tête de l'eau.

Ses parents, qui arrivaient au moment de l'incident, sont devenus blancs comme des draps. Ma sœur a attrapé son fils et l'a obligé à faire un retrait pour lui expliquer que ce qu'il venait de faire était dangereux. Honnêtement, je ne pense pas qu'il l'ai compris. Moi, à son âge, je ne le comprenais pas. Par ailleurs, j'étais capable de nager la tête sous l'eau et la tête en dehors de l'eau. Zazou lui a encore quelques difficultés à avancer avec la tête hors de l'eau. Et je le soupçonne d'être moyennement intéressé par ce type de natation.

Je ne sais pas encore combien de sueurs froides il donnera à ses parents parce qu'il n'a pas peur, parce qu'il a confiance en ses capacités de nageur. Tout ce que je sais c'est que j'ai sans doute été une source de tourments pour mes parents, à force de candeur et d'absolue confiance en mon sang de nageuse. Parce que franchement, dans l'eau, je me sentais capable de tout.

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jeudi, août 02, 2018

Chaleur maghébine

J'avais connu cette demoiselle au détour d'une réunion sur le campus de l'université. Et tout de suite, on s'était plu. Durant les deux années qui avaient suivi, nous étions devenues, en quelque sorte, inséparables puisque nous étions impliquées dans la même association étudiante et que les postes que nous occupions chacune, nous amenaient à nous déplacer ensemble, à travers le Québec. Et même si on prenait nos rôles bien au sérieux, on a pleinement profité pour devenir d'excellentes amies, des complices accomplies.

Nous savions dès le départ que la fin de nos années de bac nous séparerait. Elle était fiancée avec un mec originaire de Tunisie qui étudiait en France. Par conséquent, elle se préparait à se marier en même temps qu'elle se faisait à l'idée qu'elle irait vivre dans un autre pays. Le fiancé, je l'avais rencontré un an avant le mariage, et là aussi, le contact avait été chaleureux et profondément humain. Si beaucoup de gens de notre entourage doutaient de ces futures épousailles, moi je m'étais mise à y croire comme mon amie y croyait parce que j'avais vu s'opérer la chimie entre ces deux êtres.

J'avais été ravie d'assister au mariage tout en étant triste de voir partir ma bonne amie vers des cieux qui ne m'étaient pas connus. Dans les premiers mois, on s'était écrit assez régulièrement. Et puis la vie faisant son œuvre, la correspondance s'était étiolée. Mais de temps à autres, je recevais un message qui annonçait la visite de mon amie et j'ai toujours essayé de me libérer un soir ou deux pour l'occasion, sans que ce soit toujours possible. Ce qui fait que la dernière fois qu'on s'était vu, c'était il y a à peu près une dizaine d'années.

C'est pourquoi, j'avais été surprise et ravie d'avoir un message d'elle la semaine dernière qui m'annonçait sa visite. Elle est venue avec son amoureux (toujours le même) et ils se sont assis à ma table, comme si nous nous étions vus la semaine dernière. On s'est raconté 18 années dans les détails, y compris les moins jolis. Pas de censure, pas de faux-semblants, pas de demies-vérités pour amoindrir les chocs. Et la soirée a passé à la vitesse de l'éclair.

J'avais l'impression qu'ils venaient à peine de débarquer quand ils mon fait réaliser que s'il ne se sauvaient pas dans l'instant, j'aurais un sérieux déficit de sommeil le matin venu. En partant, il m'ont chaleureusement invitée à aller les visiter en France et pour une fois, les conditions sont plutôt réunie pour que cette idée fasse du chemin dans ma tête. J'ai payé mes dettes et ils pourraient me loger sans que j'ai l'impression de marcher dans leur intimité.

Bref, ce fut une visite presque surprise, courte mais intense. Le genre de soirée de laquelle on n'attend pas grand chose mais qui fini par nous nourrir l'âme et le cœur. À répéter sans modération.

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dimanche, juillet 29, 2018

Une aventure sur le balcon

Vers 19h45 hier soir, mon amie Geneviève est venue me porter un beau tapis rouge, une mijoteuse et un superbe coussin pour égayer mon divan, fait de ses blanches mains. C'était, en quelque sorte, un complément de cadeau d'anniversaire avec un peu de retard tandis que l'attendais ici avec un joli sac plein de bons livres pour son anniversaire à elle qui avait eu lieu dans la semaine. Elle profitait du fait qu'elle avait emprunter la voiture de sa mère pour venir déposer chez-moi des choses qui se transportent plutôt mal en métro. Par un heureux concourt de circonstance, elle devait rapporter la voiture à sa mère à seulement quelques rues de chez-moi.

Nous avions l'intention de marcher après avoir conduit la voiture à destination, mais l'orage qui menaçait depuis des heures a fini par éclater alors que nous venions de monter en voiture. Nous sommes donc revenues chez-moi conduite par la mère de mon amie et avons beaucoup ri de nous retrouver complètement détrempées après avoir traversé la rue jusqu'à la porte. Mais la plus était chaude et cette douche involontaire était presque agréable. Comme c'est souvent le cas avec les orages, il est vite passé et nous nous sommes installées sur la galerie pour boire une coupe de vin. J'ai fermé la porte derrière moi.

Au environ de 20h, mon amie a voulu aller chercher son téléphone et c'est là que nous nous sommes aperçues que nous étions embarrées sur le balcon. Tout était à l'intérieur. Argent, téléphones, clefs et tutti quanti. Heureusement que le balcon a un escalier. Je l'ai dévalé avant d'aller sonner chez une voisine avec qui j'ai déjà parlé en lui expliquant la situation pour qu'elle m'ouvre la porte de l'immeuble. Ce qu'elle a fait avec gentillesse. Mais voilà, la porte donnant sur le corridor était elle aussi verrouillée.

J'ai couru jusque chez-mon frère, le bousculant dans son retour à la maison, pour qu'il puisse appeler la concierge afin de m'ouvrir la porte. Ce qu'il a gracieusement fait. Mais voilà, on était samedi soir et la dame a une vie, alors bien entendu, elle n'était pas à la maison est ne pourrait pas être de retour avant 10 du soir et moi et mon amie bien débinées, étions toujours coincées sur le balcon. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, j'ai emprunter des sous à mon frère, et Geneviève et moi sommes allées chercher une nouvelle bouteille de vin à l'épicerie.

Et on a patienté. Pendant 1h30 avant que le visage de mon amie ne s'illumine parce qu'elle voyait une femme pénétrer dans l'appartement pour nous déloger de la situation plus ou moins confortable dans laquelle nous nous trouvions.

En déménageant seule, j'avais bien peur de perdre mes clefs, parce que j'excelle à ce petit jeu. Je ne pensais pas cependant que ça m'arriverait alors que j'étais à la maison.

Conclusion : je dois impérativement faire faire des doubles de mes clefs.

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jeudi, juillet 26, 2018

Changer de faune

Ça fait maintenant deux semaines que j'ai recommencé à travailler depuis mon déménagement. Et j'ai pu constater une nette différence dans la faune qui s'avance vers les stations de métro sous ses nouvelles latitudes. D'abord, nous sommes nombreux au même arrêt d'autobus, tous vêtus pour le travail. Il m'apparaît évident que tout un chacun est levé depuis un moment déjà. Et on dirait que tout ce beau monde essaie le plus possible de faire attention à son voisin et ne parle pas trop fort comme pour ne pas brusquer l'éveil des concitoyens pris pour se lever à l'aurore un samedi matin.

Dans mon ancienne vie, je croisais, à ces heures et ce jour précis de la semaine, beaucoup, beaucoup de jeunes ou autres fêtards qui ne s'étaient pas encore couchés. Ils étaient bruyants et parfois un peu épeurants. Je ne me sentais pas toujours tout à fait en sécurité, surtout les matins d'hiver quand le soleil est loin d'être levé. Ça me donnait l'impression d'être un peu martienne de m'en aller travailler en empruntant les mêmes axes que ceux qui avaient attendu l'ouverture des stations afin de pouvoir retrouver leur lit sans avoir à débourser pour un taxi.

Maintenant, j'ai l'impression de vivre dans le sens du monde. Même si je trouve encore que 6 heures du matin, pour prendre l'autobus, c'est beaucoup trop tôt. Au moins dans un foule de quidam qui s'en vont aussi travailler, je me sens un petit peu moins marginalisée. Et surtout beaucoup plus en sécurité. Ceci ne veut pas dire que je ne croise pas de personnages.

Tenez, le vieil italien, il est déjà dans l'autobus quand j'y grimpe, en belle chemise colorée et en pantalon à plis. Sous sa crinière blanche ébouriffée, ses yeux noirs sont allumés. Il ne dit rien, mais observe au moins autant que moi. Il doit être le seul passager à ne pas avoir un téléphone intelligent. Il a plutôt son journal sous le bras, et il est évident qu'il attend d'être arrivé à destination avant de le déplier pour le compulser à son gré. Une fois dans l'autobus nous faisons à peu près le même trajet. Il va un peu plus loin que moi sur Jean-Talon pourtant, je suppose qu'il est hebdomadairement le premier client d'un café italien et que cette routine lui est importante.

Ou cette Congolaise, je le sais parce que je l'ai entendue dire qu'elle venait de Kinshasa, qui passe tout le trajet au téléphone à rassurer un quelconque membre de sa famille avant de débuter sa journée de travail. Elle est habillée pour travailler dans le système de santé. Je ne sais pas si elle est infirmière ou préposée, mais le résultat est le même, elle est maternelle et réconfortante et je me dis à tous les coups que je me sentirais entre bonnes mains si c'était elle qui me soignait.

En somme, je sais depuis le jour où j'ai décidé de déménager que de revenir vivre près de mes racines me serait profitable.

Je n'avais peut-être pas anticipé à quel point.

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dimanche, juillet 22, 2018

De beaux costumes de terre

C'était le jour des régates, au club. J'avais vu les bateaux le matin. C'était tellement plein qu'on ne voyait plus le gazon. Mais ce n'était pas pour les petits garçons, il faut avoir 10 ans pour y participer, je suis encore loin du compte. Alors j'ai plutôt joué près de la piscine avec mes amis. Je me suis encore amélioré à la nage et je veux très fort faire comme mes amis et nager sans flotteur. Oh que je veux réussir cet exploit!

Alors, je les regarde. Adé est une sirène, elle nage la tête sous l'eau pendant longtemps. Presque tous mes autres amis aussi nagent sans flotteur, si un parent est dans l'eau avec eux. Mais pas moi et je n'ai pas très envie de rester en arrière comme ça. En attendant, je nage « crès, crès » loin tout seul et je saute régulièrement du tremplin. Dès fois, je réussi même à me lancer à l'eau la tête la première. En fin d'après-midi, Maman m'a permis d'ôter mon flotteur pour que j'essaie de nager tout seul. Je bats très fort des pieds, mais j'ai un peu de difficulté à agiter mes bras en même temps, j'ai plutôt tendance à bouger la tête, ce qui ne me fait pas avancer beaucoup. Mais je compte bien persévérer et réussir.

Après le souper, Grand-Mamie et Tatie sont venues lire sur le bord de l'eau, près de la table où on mangeait. Je trouvais qu'elles avaient de bien curieuses lectures parce qu'il n'y avait pas d'images dans leur livre. J'ai demandé à Tatie pourquoi il n'y avait pas d'image. Elle m'a répondu que les mots qu'elle lisait lui permettaient de mettre des images dans sa tête. J'ai trouvé que c'était une drôle de réponse. À ce moment, j'ai vu que le petit frère d'Adé avait un petit objet dans la bouche. Je lui ai dit qu'il ne fallait pas mettre des petits objets dans sa bouche. Alors il l'a craché dans ma main. Moi, je m'en suis servi pour faire une pelle. Et je me suis mis à verser de la terre dans la main de Tatie.

Cha-Cha est venue me rejoindre. Elle ne se contentait pas de mettre la terre dans la main de Tatie, elle essayait de l'enterrer je crois. Tatie riait et disait d'arrêter. On l'a fait mais on a continué à creuser. J'ai dit à mon amie : « Dans ma tête, des fois je pense que je suis assez grand pour aller à l'école ». Cha-Cha m'a regardé en demandant : « Pourquoi? » J'ai bien réfléchis avant de répondre « Ben pour cravailler, il faut cravailler bien fort à l'école. » On a donc continuer notre besogne, en nous tartinant l'un l'autre allègrement, au passage. Un moment donné Tatie a dit : « Vous êtes sales comme des petites crasses!» J'ai dit que ce n'était pas vrai, mais Grand-Mamie a dit que c'était tellement vrai qu'on devrait prendre une douche avant de se baigner.

Quand Cha-Cha et moi on s'est présentés près de la piscine, tous les parents sont partis à rire. Papa a pris des photos de nous dans nos beaux costumes de terre et après il nous a passé sous le boyau d'arrosage. C'était très froid et très rigolo en même temps. Après, je suis allé rejoindre Maman dans l'eau pour qu'elle m'aide encore à apprendre à nager sans flotteur.

Ensuite, j'ai mis mon pyjama de dinosaure et je suis resté avec Papa pendant que Maman rentrait à la maison avec Coccinelle.

C'était mon privilège de grand.

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jeudi, juillet 19, 2018

Crever d'ennui

J'avais si peur de m'ennuyer en déménageant toute seule, si peur de la solitude justement. Ça fait vingt jours que je suis arrivée et je constate avec surprise que mon plus gros problème, actuellement, c'est justement que je ne me suis pas ennuyée une minute. Parce que l'air de rien, ces plages d'ennui sont nécessaires à la création, en tout cas à la mienne.

Je crois que je vivais pas mal seule depuis environ trois ans. En fait, mon ancien coloc et moi ne nous fréquentions que peu. On soupait ensemble par-ci par-là, ou on jasait un peu dans le couloir mais c'était presque comme si on avait des appartements contigus sans vraiment les partager. Ce n'est pas une décision qui s'est prise, c'est arrivé tranquillement, sans vraiment qu'on s'en aperçoive ni l'un ni l'autre je suppose et le clou dans le cercueil a sans doute été posé lorsque Ex-coloc a rencontré quelqu'un avec qui il a rapidement formé un coupe. Forcément, au fil du temps, il s'est mis à passer beaucoup moins de temps seul à la maison ce qui signifiait, entre les lignes, que les longues soirées de discussions que nous avons un jour partagées, finirait par s'étioler d'elles-mêmes.

Ça fait en sorte que pas grand chose n'a changé dans mes habitudes et mon mode de vie. Je mange seule, je lis seule, j'écoute la radio seule, je regarde un film seule ou je fais un casse-tête seule. Soit exactement ce qui était mon quotidien depuis fort longtemps. En plus, je n'ai plus à subir les jérémiades du chat qui n'était pas le mien et qui avait la voix et la dépendance pas mal fortes. Plus nécessaire non plus de rythmer mes allées et venues à la salle-de-bain en fonction des autres occupants des lieux. Ce côté des choses me plaît bien. Par contre, je ne peux pas sauter une semaine de ménage parce que c'est autour de l'autre de s'y coller; on ne peut pas tout avoir faut croire.

Et puis, malgré le fait que j'ai grandi dans ce quartier, il n'est pas resté inchangé durant toutes les années où j'ai vécu ailleurs. J'ai donc la curiosité éveillée. Je regarde et j'observe attentivement autour de moi à chacun de mes déplacements. Je me fais des espèces de courses au trésor mnémoniques pour essayer de retrouver le nom de commerces depuis longtemps disparu, ou le nom des familles qui habitaient à tel ou tel endroit.

J'ai parfois des petites surprises, comme de voir sortir une amie du secondaire de la maison parentale et d'apprendre, étonnée, qu'elle l'a rachetée et qu'elle y habite désormais avec ses trois enfants. Mais la plupart du temps, je n'ai que des images un peu floues parce que les années ont fait leur chemin sur les bâtiments comme sur moi.

Moi qui croyais crever d'ennui au bout de quelques minutes à peine, me voilà bien détrompée quand à mon propre caractère. Pour cultiver ma plume je vais devoir, comme ce soir, m'astreindre à l'écriture, que j'aille autre chose à faire ou pas.

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dimanche, juillet 15, 2018

Sortir dehors

S'il y a une chose que j'apprécie dans mon nouveau chez-moi c'est que j'ai un balcon. Avant, c'est vrai, il y avait une cours, mais pas de mobilier pour l'égayer et elle était très sombre, ça ne donnait pas tellement envie de la fréquenter. En tout cas, je ne le faisais que très peu. Il faut dire que la faune de la rue Dorion était plutôt particulière, je l'ai souvent raconté en ces pages. Et si j'évitais de vivre à l'extérieur de l'appartement, la faune elle s'y adonnait régulièrement, ce qui rendait mes extérieurs encore moins invitants parce que si j'ai entretenu, avec la plupart de mes voisins immédiats, des relations cordiales, je ne peux pas dire que je les fréquentais ni que j'en avais envie. Oh, ils n'étaient pas méchants, simplement nous n'avions pas grand chose en commun. Et j'avais vite fait de comprendre que si j'occupais l'extérieur, ça serait venu avec une certaine forme de fréquentation, après tout, dehors était leur terrain.


Bref, j'ai vécu à l'intérieur durant les neuf dernières années, sauf quand occasionnellement, j'allais visiter quelqu'un qui avait un extérieur acceptable. Je ne me doutais pas à quel point ça me manquait. Ici, j'ai un tout petit balcon que je trouve magnifique, parce qu'il est juste à moi et qu'il surplombe un petit bout de terrain gazonné. Devant ma porte, il y a un gros lilas qui parfumera agréablement les printemps à venir. Pour le moment, il se contente d'être beau et de bien habiller le mur de l'édifice d'à côté, incidemment, un Renaud-Bray, j'ai une vue imprenable sur la réserve de jeux, ce qui m'amuse beaucoup.

J'adore mon balcon. Il est juste assez éloigné de la rue pour que je n'entende pas la circulation, sauf d'occasionnels autobus, mais ils ne sont pas assez fréquents pour que cela me dérange. En plus, pour des raisons qui m'échappent, seule une autre locataire utilise son balcon. Les autres s'en abstiennent tous collectivement, à mon grand plaisir. Ça fait en sorte que j'ai comme une pièce de plus et que j'ai la foutue paix quand je suis-là. Alors, j'en profite. J'ai mangé à peu près tous mes repas sur le balcon depuis mon arrivée. On dirait que la nourriture goûte meilleur dehors, même quand ladite nourriture est un sandwich plate.

Pendant que je n'avais pas d'internet, j'ai lu dehors des heures durant. Exactement comme ce que je fais quand je pars en voyage dans un tout inclus. Mais la magie c'est qu'en revenant à l'intérieur j'étais dans mes affaires.

Le seul désagrément, ce sont les moustiques. Je ne sais pas s'il y en a beaucoup dans le secteur, mais en tout cas, ils m'ont trouvée. Je suis couverte de piqûres de la tête aux pieds (et de calamine aussi). J'en ai même une dans l'oreille droite, ce qui n'est pas du tout agréable, croyez-moi.

Malgré cela, je vais continuer à occuper l’appendice de mon appartement avec délectation. Il me semble que je suis juste un peu plus heureuse depuis que je le fréquente...

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jeudi, juillet 12, 2018

Nouvelles communications

Après un gros 10 jours sans rien pour communiquer avec le monde extérieur, me voici de retour dans la vie actuelle. J'ai enfin l'internet à la maison et je dois dire que je suis à la fois ravie de l'efficacité du service et du prix. Comme quoi, ça peut en valoir la peine de magasiner même si ça implique d'être débranchée sur une période un peu plus longue qu'anticipé à l'origine.

Mais aussi et surtout, j'ai changé de téléphone et de forfait téléphonique. Là aussi, j'ai magasiné et je me suis obstinée à retourner souvent sur toutes sortes de sites pour essayer de trouver quelque chose qui me convienne dans les prix qui me conviennent aussi. Je détestais mon ancien téléphone. Il était certes très joli, mais il n'avait pas de mémoire. Donc, impossible de prendre des photos de mes neveux et nièces sans avoir à en effacer des précédentes. J'avais toutes les peines du monde à faire les mises à jour et je ne pouvais pas avoir plusieurs applications par manque d'espace. Bref... Et puis, j'avais un forfait pas cher, pas cher, mais disons qu'il était mal adapté à ma vie. Je devais continuellement surveiller mon utilisation sur tous les plans, à la fois en données cellulaires et en minutes téléphoniques. Ce qui fait que je me suis retrouvée presque totalement coupée du monde dans les derniers jours. Il ne me restait que quelques minutes d'appel avant que je me tanne et que je décide qu'il était vraiment temps de changer de téléphone et de forfait.

Évidemment, tout est arrivé en même temps, l'internet et le téléphone. J'ai essayé de synchroniser mes deux téléphones, mais j'en ai été complètement incapable. En me sentant idiote au passage il va sans dire. J'ai fini par comprendre que mon ancien téléphone ne collaborait que très peu avec moi, ce qui empêchait la réussite de mon projet. Mais bref, j'ai dû passer des heures à transférer manuellement tout ce que j'avais d'un appareil à l'autre, y compris les numéros de téléphone de mes correspondants. Me connaissant, j'ai certainement fait une série d'erreurs de retranscriptions. Alors, si vous trouvez que je suis soudainement bien absente, j'utilise probablement un numéro comportant une faute de frappe.

Tout cela pour dire que j'ai passé la plus grande partie de la journée de mardi la tête dans les écrans. Après un sevrage imposé quand même assez long, je suis sortie de l'expérience avec un mal de bloc à tout casser. Heureusement, je n'avais pas tout à fait terminé la série de romans fantastiques que j'avais entamé avant ma plongée en apnée, alors je me suis vautrée dedans avec bonheur. Ça a fait du bien.

Au final, j'ai réalisé que j'avais réussi avec brio l'adaptation à ma nouvelle existence. Sans me sentir seule ou isolée une seule minute, malgré les conditions adverses. Je crois que j'ai bien choisi, à la fois le quartier et l'appartement juste assez petit pour que je me love confortablement dans mon nouveau cocon.

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mercredi, juillet 04, 2018

Le meilleur plongeur du monde

Il fait très chaud ces temps-ci. Trop chaud pour faire des beaux dodos. Alors, des fois, je me réveille un peu bougon. Mais pas tout le temps. Tiens, l'autre après-midi quand je me suis réveillé de ma sieste, il y avait Papa couché à côté de moi dans mon lit. Oh que j'étais content qu'il soit-là, avec son beau sourire. Je me suis dis que je pourrais lui faire plaisir à mon tour, donc je lui ai dit en lui flattant le visage : « Papa, moi j'ai mis le bordel dans ma chambre avant de faire mon dodo, alors je vais tout ramasser avant qu'on parte au club ». Et je l'ai fait. Papa était très content de moi et Maman aussi, quand je le lui ai dit elle m'a dit qu'elle était très fière de son grand garçon.

Ce qu'il y a de plaisant quand il fait chaud comme ça, c'est qu'on va souper tous les jours au club. Et au club il y a une belle piscine. Maintenant que j'ai pris des cours de natation avec Grand-mamie l'hiver dernier, je suis très, très bon dans la piscine. Avec mon beau flotteur de crabe, bien entendu. Je n'ai pas le droit de jouer sur le bord de la piscine sans mon flotteur. Des fois, je trouve ça un peu plate parce que ça limite un peu mes mouvements quand je veux taper sur l'eau avec une nouille en mousse. Mais la plupart du temps, je m'en accommode très bien.

D'autant qu'avec mon flotteur, je peux sauter dans l'eau. Et je le fais avec ravissement. Même que je saute du tremplin. Oui, oui, pour vrai de vrai. Tatie, elle ne me croyait pas quand je lui ai dit que j'avais sauté du tremplin avec mon ami. Alors, je le lui ai montré. Je me suis avancé bien sur le bout du tremplin et je me suis laissé tombé dans l'eau. Quand j'ai ressorti ma tête de l'eau je l'ai regardée et j'ai dit : «  T'as vu, Tatie? T'as vu? » Elle riait et m'applaudissait avec Papa. Je me suis ensuite dirigé vers le bord de la piscine ou Papa m'a repêché et je suis retourné sur le tremplin, encore et encore.

Ensuite, Papa m'a appris à sauter plus loin du tremplin en pliant mes jambes. Je n'ai pas réussi tout de suite à faire comme il disait, mais un moment donné, j'ai attrapé le tour. Alors là, je sautais vraiment loin. Oh que j'étais content de moi et Papa aussi! Je me sentais grand. C'est agréable de se sentir grand. Il y avait aussi mon amie Cha-Cha et des grands qui sautaient du tremplin. Ce qui fait que je devais attendre en bas du tremplin que la personne devant moi ait sauté avant de grimper dessus. Sinon la sauveteur sifflait. Quand la sauveteur siffle, ça veut dire qu'on fait quelque chose d'interdit, comme courir sur le bord de la piscine. J'étais bien impatient, mais je faisais comme elle dit sinon peut-être qu'elle aurait dit que je n'avais plus le droit de sauter.

Après, mon amie Cha-Cha et moi on a dit à Tatie que c'était à son tour de sauter. On lui a donné un défi, il fallait qu'elle saute la tête la première. Moi, un jour, je vais sauter la tête la première, mais là. Je ne suis pas encore capable. Tatie, elle, a réussi. J'étais très impressionné. Je crois, qu'elle aime moins ça que moi sauter, parce qu'elle ne l'a fait juste une fois. Tant mieux, parce que ça m'a permis de bien me pratiquer pour sauter loin, loin, loin du tremplin. Comme ça, quand Maman est passée tout près avec Coccinelle, elle a rit doucement, fière, fière de moi et m'a dit que j'étais le meilleur plongeur qu'elle connaissait.

Comme Maman elle connaît tout, ça veut dire que je suis le meilleur plongeur du monde entier.

En tout cas, c'est ce que je crois.

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jeudi, juin 28, 2018

Quand le Manitoba ne répondra plus

Ça y est, je suis en vacances. M'enfin, si on peut appeler les prochains jours des vacances étant donné mon déménagement imminent, en pleine canicule. Je sens qu'on va avoir chaud, mais comme le soulignait une amie, comme j'ai convoqué mes aides-déménageurs tôt, on devrait s'en sortir par trop mal.

Mais bon, déménager, n'est pas ce qui me stresse vraiment. Là où j'accroche c'est que comme j'ai tergiversé rien que bien en masse avant de sélectionner une compagnie pour me fournir internet je vais être complètement coupée du monde durant un bon quinze jours. C'est épeurant. Oh, je vais sans doute trouver le moyen de mettre mes textes en ligne, j'ai près de moi, des gens qui ont ce service et qui pourront sans doute me dépanner pour que je puisse me brancher quelques secondes histoire de mettre en ligne les textes bihebdomadaires et le petit message que je met en ligne dans Facebook pour y inclure un lien vers mon blogue.

Mais de nos jours, tout passe par l'internet : en tout cas, la grosse majorité des communications que je fais. J'ai bien peur de me retrouver isolée dans mon nouveau monde à peu près autant que les colons qui débarquaient sur nos rivages il y a quelques centaines d'années. Ben oui, j'exagère, je sais bien. Il me restera encore les appels téléphoniques, sauf que je sens que je vais avoir l'impression d'être terriblement vintage avec des appels plutôt que des communications internet. Il y aura aussi les textos pour me garder un peu dans l'air du temps, n'empêche que...

Une des choses qui me fait le plus peur d'aller vivre seule c'est justement d'être coincée dans ma solitude. Alors, je lance une nouvelle bouteille à la mer : mes amis si vous avez une soirée de libre dans la prochaine semaine, textez-moi, venez visiter mon nouveau logis, j'aurai, je crois, grandement besoin d'une communauté tissée serrée pour passer à travers ces premiers jours parce que je me connais, je vais trouver très difficile d'être seule avec moi-même sans télé ni internet pour me donner le faux sentiment que je suis un peu moins seule qu'il n'y paraît.

L'air de rien, dans 48 heures je sauterais dans la piscines de mes peurs. Heureusement pour moi, j'ai toujours aimé l'eau et je sais nager. Sauf que ça ne change rien au fait que j'appréhende ces moments où je n'aurai que moi avec qui discuter, sans même un colocataire dilettante avec qui briser le mur du silence de temps en temps.

Paradoxalement, je crois que j'opère tous ces changements pour le mieux et que pour la première fois de ma vie, je serai chez-moi et vraiment chez-moi. J'oserais même croire que ce sera une étape au moins aussi importante que celle d'avoir enfin terminé de payer mes prêts étudiants, même si dans ce cas, je ne m'en étais pas trop aperçu sur le coup. Cependant, je mesure quotidiennement le degré de liberté supplémentaire que cet achèvement m'aura apporté.

En conclusion, je dirais, en toute honnêteté que j'ai un grosse trouille colorée devant les jours qui s'ouvrent devant moi, mais que j'ai quand même passablement hâte de découvrir la femme que je serai une fois ce passage franchi.

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dimanche, juin 24, 2018

Mission accomplie

Avoir vécu à Sherbrooke durant toutes ces années comporte ses avantages, à part le fait que j'y ai rencontré des gens formidables. J'y suis devenue experte ès déménagement parce que disons que j'ai souvent eu la bougeotte lors de mon séjour dans cette ville. C'était en partie de ma faute, en partie un effet collatéral d'une vie estudiantine rythmée au pas d'un système coopératif qui faisait en sorte que les logements se remplissaient et se vidaient aux quatre mois.

Donc, quand vient le temps de m'emboîter, je suis plutôt efficace. La plupart du temps. J'ai pogné un nœud aujourd'hui, contre : je me suis heurtée aux pots de plastiques d'une armoire tellement bien remplie de pièces éparses que ça m'a pris une heure et demie en faire le tri. Sans exagération. Ce n'était pas du tout prévu dans mon plan de match, ni le fait qu'ancien colocataire partirait avec mon feutre noir (qu'il croyait sans doute être sien) ce qui fait que je me suis retrouvée avec rien pour identifier mes bien. Trouver un endroit ouvert où ce genre de chose se vend un 24 juin au Québec est, mettons, plutôt impossible. J'ai fini par en obtenir un du dépanneur du coin, parce que les proprios sympathiques ont décidé de me faire une fleur.

Bref, après ces deux incidents j'ai fini par commencer à faire quelque chose sur le sens du monde. J'ai rempli une quarantaine de boîtes de livres cd et dvd au total et quelques sacs de vidanges de textile. Je me suis aussi échinée à essayer de nettoyer une bibliothèque que je me dois de déclarer perte presque totale. Oh, elle tient toujours, mais j'ai fumé à ses côtés durant les 20 dernières années alors, elle est dans un état, pour dire le moins, lamentable.

J'ai aussi dû m'arrêter quand les nouveaux locataires ont commencé à prendre place dans l'appartement parce que les gros morceaux qui étaient ailleurs que dans ma chambre ne pouvaient pas tout à fait se bouger tout seuls. Autre preuve que j'ai manqué ma coche en cette journée personnel du festival des boîtes empilées. Évidemment, je me sentais cheap d'être encore là quand ils sont arrivés, pourtant je sais que je ne devrais pas parce que j'ai payé le loyer jusqu'au 30 et qu'il me reste encore 6 jours avant l'échéance tandis qu'eux n'y ont pas mis un sou. Mais ceci est un autre débat.

Finalement, j'ai terminé mon labeur 8 heures après l'avoir débuté. J'étais épuisée et courbaturée. Je me suis aperçue que le soleil était pratiquement couché et que je n'avais rien mangé depuis 9h30 ce matin. J'ai aussitôt attrapé un tournis tout en ne me sentant pas le courage de faire un détour par un fast food et en ayant aucune espèce d'envie de manger gras.

Néanmoins, je peux dire « mission accomplie ». Mes déménageurs n'auront pas de mauvaises surprises samedi, ni dans la lourdeur des boîtes ni dans leur dimension.

Si vous saviez à quel point j'ai hâte d'être enfin arrivée à destination...


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mercredi, juin 20, 2018

Opérer un changement

Dans quelques heures, je vais fermer mon ordinateur sur neuf ans de ma vie. À mon réveil, demain, il n'y aura plus d'internet dans le secteur, plus de télé, bref, absence de plein de petites choses qui débutaient mon quotidien.

Neuf ans. C'est l'endroit où j'ai vécu le plus longtemps si l'on oblitère la période lors de laquelle j'ai résidé sous le toit familial. Je n'aurais pas cru, quand j'ai aménagé ici que j'y resterais si longtemps. Après tout, c'était un peu une erreur de circonstances : je voulais quitter une relation de colocation qui devenait désagréable avant de perdre une amie (pari réussi) et la personne chez qui j’emménageais désirait buter de chez lui un colocataire importun. Et comme, à l'époque, je n'avais pas de crédit, une dette d'études dont il me semblait impossible de voir la fin, c'était pour moi une situation parfaite.

Aie-je été heureuse ici? Je ne saurais répondre. Je n'ai pas été malheureuse en tout cas. Mais je n'étais pas non plus chez-moi. J'étais un autre qui avait fermement implanté ses racines avant mon arrivée. Ceci n'est pas une critique, simplement un état de faits. Si l'envie lui prenait de faire une nouvelle décoration dans un corridor ou dans une pièce, il ne lui passait pas par l'esprit de me demander mon avis sur la chose. Par ailleurs, il ne me venait pas d'avantage à l'idée de lui dire que je n'aimais pas toujours ses choix : je me sentais pas tout à fait concernée. Où plutôt, je reconnaissais sa préséance sur l'appartement.

Ceci étant dit, je ne suis pas une martyre des dernières années de ma vie. J'avais besoin pour pouvoir étendre mes ailes. Ici, j'ai pu avoir un passeport parce que j'avais les moyens de me le payer. Ici, j'ai voyagé. Dans des tous inclus, c'est possiblement réducteur, j'en suis consciente, mais j'aime le côté « prise en charge » de ce genre de formule. J'aime la plage et surtout j'adore l'eau depuis aussi longtemps que je me souvienne. Jouer dans l'eau c'est la chose qui m'est le plus agréable. Alors mettez moi une plage, de l'eau chaude, un bon livre et beaucoup de temps, forcément, je m'épanouis.

Et surtout, à mon arrivée ici, je n'avais pas de crédit, j'avais besoin d'espace financier pour me refaire un peu. J'y suis arrivée, sans trop m'en apercevoir, donc sans heurts et c'est, à mon avis, ce qu'il a de plus important.

À l'aube, demain matin, j'aurais terminé ma résidence ici. Mon déménagement personnel attendra quelques jours de plus. Je quitterai l'appartement avec ma grosse valise pour aller camper sur le divan maternel parce que j'ai la chance d'avoir une maman généreuse qui m'accueillera dans son quotidien avant que je finisse par déplacer mes pénates.

J'opère un tournant majeur dans mon existence, que je le veuille, ou non.

Et je crois, qu'au bout du compte, j'en ai envie.

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dimanche, juin 17, 2018

Les voyageuses de livres

L'activité avait pourtant bien mal commencé. Par un malentendu majeur, pour dire le moins. J'avais demandé de l'aide pour rapporter des boîtes à la maison afin de pouvoir, un moment donné dans un avenir rapproché, commencer à faire mes boîtes. Mais comme c'est souvent le cas dans un appel à l'aide dans un réseau, j'ai un peu tourné les coins ronds dans ma demande et la Sauterelle qui y a répondu avait compris que je voulais de l'aide pour faire mes boîtes.

Nous avons découvert hier, pendant que je m'apprêtais à ficeler toutes les dites boîtes (150) avant de quitter le travail, qu'on s'était mal comprises. Alors rebelote le taxi. Il me semble que je n'en ai jamais pris autant dans un laps de temps aussi rapproché. M'enfin, comme la température était radieuse à Montréal hier, j'ai pu avoir une grande voiture sans attente supplémentaire et j'ai pu rapatrier ici toutes les précieuses boîtes que j'avais soigneusement sélectionnées au cours du dernier mois.

Comme la Sauterelle avait libéré sa journée du dimanche pour moi, je l'ai convié à un brunch matinal et elle m'a relancée en me proposant d'aller porter les livres dont je voulais me départir avec moi. J'ai aimé l'idée tout en lui soulignant que sans voiture, ce serait bien lourd. Elle m'a alors soumis l'idée d'utiliser nos valises pour rouler les livres vers une autre destination que mon futur logis. J'ai pensé que la suggestion était bonne et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvées attablées sur une terrasse pour un déjeuner plus que copieux en fin de matinée.

Après ce joli moment de détente, nous sommes revenues chez moi prendre empaqueter les livres que j'avais préalablement triés. Je n'étais que passée à travers les livres grands formats. Je ne sais pas trop par quel miracle nous avons réussi à tout caser dans nos valises, mais toujours est-il que, beauté du hasard, un autobus montait vers Mont-Royal dans les minutes qui suivaient. J'ai rapidement trouvé preneur, même si je ne pouvais pas en obtenir une somme sonnante et trébuchante. Honnêtement, cela m'importait peu. Pour moi, l'essentiel était de faire en sorte qu'ils trouvent un prochain lecteur. Et je dois avouer que nous avons été soulagées de nous délestées du poids qui encombrait nos valises aussi rapidement que possible, parce que franchement, elles n'avaient jamais été aussi difficiles à manier, malgré leurs roulettes.

Ensuite, notre plan était de commencer les boîtes. Mais nous avons fait la découverte que le ruban gommé deux pouces était aux abonnés absents dans mon quartier. Après cette déconvenue, nous avons mon amie m'a offert son restant de ruban, sauf que celui-ci se trouvait à Verdun. On s'est alors dit que tant qu'à y voyager, on pourrait faire un autre voyage de livres avec les formats poches, cette fois-là. On a eu beaucoup de plaisir à faire le tri, parce que je me suis surtout départie d'une multitude de romans rouges (je dirais une centaine, sans exagérer beaucoup) ce qui nous a permis de beaucoup nous amuser des titres et des pages couverture desdites œuvres.

On a fini la journée sur sa galerie, épuisées, à boire tranquillement du Bonheur. Ça été une magnifique journée qui me donnait un peu l'impression de me substituer à La petite marchande de prose de Pennac. Malgré le fait que moi, je n'édite pas, j'ai tout de même voyager des livres, jusqu'au prochain lecteur, que je ne connais pas.

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jeudi, juin 14, 2018

En retard

Fa que c'est l'histoire d'une fille qui est arrivée au travail avec 1h30 de retard ce matin.

Comment aie-je réussi un tel exploit? En finissant par être vraiment mêlée dans mes changements d'horaire.

À la fin du mois dernier, une gestionnaire a quitté la succursale. Forcément, son poste a été affiché. Mon directeur a produit un premier horaire pour le mois, un horaire un peu vaporeux, si je puis dire étant donné que nous avions une visons partielle des effectifs des semaines à venir. Par chance l'embauche a bien été. Ce qui fait que nous avons rapidement eu droit à une nouvelle version de l'horaire de gestion.

Et puis, des formations se sont ajoutées, à la fois pour certains membres de notre équipe et pour des gens de d'autres succursales qui venaient se faire former chez-nous ou que nous allions former ailleurs. Ce qui forcément impliquait d'autres modifications à l'horaire. Et puis lundi soir, la nouvelle gestionnaire a remis sa démission. Par conséquent, nous avons eu droit à une nouvelle version de l'horaire.

Ce qui fait que je me suis un peu emberlificotée dans toutes ces versions et que j'étais convaincue que je commençais mon quart de travail à 13 heures aujourd'hui. J'ai donc été très surprise de recevoir un appel de mon boss à 9h07 qui se demandait bien où j'étais. J'étais chez moi, occupée à ne rien faire d'important sinon boire un café quand il m'a annoncé que j'aurais dû être au travail à 8 heures. J'étais sidérée. J'ai regardé l'horaire que j'avais noté dans mon téléphone et selon cette dernière retranscription, j'étais prévue à l'horaire à 13 heures, mais visiblement je m'étais emmêlé les pinceaux.

Alors j'ai appelé un taxi tout en sautant dans des vêtements propres, me brossant les dents et mettant un à peu près lunch dans mon sac. J'ai fini par arriver au travail 30 minutes après l'ouverture, assez gênée de la situation. Par chance pour moi, une employée qui reste très près et qui a les clefs s'était déplacée pour ouvrir les portes avant mon arrivée, ce qui fait que les portes ont été ouvertes avec un petit vingt minutes de retard. J'en dois une à cette personne, je vous le dit.

J'ai passé la matinée à essayer de reprendre le pas les minutes que j'avais manqué plus tôt dans la journée. Ça me donnait l'impression d'être continuellement sur le fil, ce qui qui n'est pas particulièrement agréable pour commencer une journée. Et de temps à autres, j'étais prise d'un irrésistible fou rire à cause de la situation.

Je déteste être en retard, mais tsé tant qu'à l'être, aussi bien l'être pour la peine. Au moins, ça fait une histoire à raconter.

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