mercredi, mars 22, 2006

Le trac

Il est 6h00 du matin, j’ai tourné dans mon lit jusqu’à minuit la veille. Mes yeux sont grands ouverts pourtant. Il commence à peine à faire clair. Le monde est en gris et blanc. J’ai mal à tous les muscles de mon corps, comme si j’avais fait une randonnée de vélo sans m’être entraînée. Je sens mes trapèzes tendus. Tendus jusqu’à la lourdeur. Mon dos n’est que douleurs. Il est 6h00 du matin, j’ai le cœur qui s’en va dans toutes les directions. Je reste dans mon lit à réfléchir à une stratégie. Je revois ma tenue vestimentaire pour la énième fois en 5 jours. J’essais de me visualiser dans toutes les tenues possibles. J’allume la radio pour me laisser porter par les commentateurs plutôt que par mon stress. À 7h00 je saute dans la douche. Évidemment, j’ai la chevelure rébarbative. Il y a un party de nœuds sur ma nuque et j’ai la sensation que je n’arriverai jamais à en venir à bout. Pourtant je suis toute habillée à 7h20.

Dans l’appartement, le silence du matin que j’aime tant règne en maître, mais aujourd’hui je voudrais hurler. J’ouvre l’ordinateur pour vérifier une dernière fois l’horaire d’autobus. Je le connais pourtant par cœur, depuis vendredi que j’étudie mes possibilités de déplacement. Les cinq derniers jours ont passé tellement lentement que c’en était presque de la torture. Je suis prête, plus que prête je le sais. À 8h00 je décide de me maquiller (chose que je ne fais pratiquement jamais), ce faisant je me mets un peu en retard pour le foutu bus. Je finis donc par sortir de la maison en catastrophe et je courre comme une perdue jusqu’à l’arrêt. La course a d’ailleurs été une excellente initiative puisque je suis arrivée sur le coin de la rue juste à temps pour me faire accrocher l’arrière de la tête par le rétroviseur de l’autobus.

Je regarde ma montre à toutes les minutes. Pourtant je n’ai aucune chance d’être en retard. Arrivée à destination j’entreprends la courte marche jusqu’à mon point final en fumant une cigarette. Les mètres passent trop vite et je me retrouve rapidement devant le 306. Avant d’entrer je prends une grande respiration pour chercher une espèce de contenance et je m’étouffe avec ma dernière bouffée de cigarette, ce qui a un effet plutôt désastreux pour mes yeux fraîchement maquillés. J’annonce à la réceptionniste que je suis là pour l’entrevue de 9h00 avec 15 bonnes minutes d’avance. On me fait patienter dans une minuscule salle d’attente et je regrette de ne pas avoir apporter de livre avec moi. Dans ma tête, les idées se bousculent, j’ai les mains moites et le cœur en vadrouille. On me fait monter.

Devant moi, il y a deux personnes. Deux personnes qui vont scruter mon potentiel de directrice adjointe. Je connais le principe de entrevues, j’en ai déjà passé plusieurs pour le groupe Renaud-Bray. Je réponds assez calmement et je prends le temps de réfléchir avant de donner une réponse. J’ai quelques coups de génie de dernière seconde. Je crois que je me suis assez bien débrouillée mais j’ai des doutes parce que les cases contenant mes réponses ne sont pas toutes remplies à ras bord. Arrrrrrrgggggggghhhh!

Sur le chemin du retour, un millier de réponses au moins, me sautent à la mémoire. Je ne peux plus rien faire et je dois combattre de toutes mes forces l’envie de retourner ajouter mes réponses. Maintenant commence l’attente. Je ne peux plus rien faire, le dossier n’est plus dans mes mains. Je suis démunie et j'ai un trac gros comme ça.

14 Commentaires:

Blogger Juli s'est arrêté(e) pour réfléchir...

J'aime bien l'image du party de noeuds sur la nuque!! Tu sais, j'ai bien l'intention d'aller fêter ton départ de la succursale très bientôt. Non pas sans peine pour nous, mais avec joie pour toi!! Merde!!

12:00 p.m.  
Blogger Sonia s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Et l’attente…

Le premier jour on est rempli d’espoir, se disant que ce poste est fait pour nous et qu’ils vont bien s’en rendre compte…
Le deuxième jour on se dit que parmi les candidats, il y en a possiblement un de mieux que nous, et qu’il faut quand même se préparer à essuyer un refus…
Le troisième jour on se dit qu’on n’est peut-être pas assez bonne, qu’on n’est peut-être pas à la hauteur…
Et le sixième jour, alors qu’on fait ce qu’on peut pour ne plus y penser, on tombe sur un texte comme celui-là…

hihi :o)

12:24 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Ciel, comme cette attente est pénible ! Cela ne devrait pas exister ces entretiens !! Une vraie torture.

Je croise les doigts et met en oeuvre tout ce qui pourra t'aider.. (même si c'est une histoire inventée, on ne sait jamais).

2:06 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

on ressent bien le stress à travers ton texte.. Bonne chance en tout cas

2:06 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

C'est tout comme lorsque je passais (encore) des examens et autres concours.
Sauf que les jours qui suivaient se goupillaient dans l'inverse de ce que décrit Sonia : le premier jour j'étais effondrée, le second je me disais que j'avais peut-être finalement mes chances, et quelques semaines après c'était dans la poche !
(bon ça l'a toujours été, dans la poche, heureusement parce que sinon quelle coup de massue.)

Qu'est-ce qu'on dit de l'autre côté de l'Océan ? Mer... comme en France ? ;-)

2:09 p.m.  
Blogger Sauterelle s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Tu t'inquiètes vraiment? Je suis passée devant le RB ce matin et il m'a dit qu'il te choisissait. Restait plus que l'entrevue. Mais il me l'a dit, et il ne ment pas, tu le sais. Il sera tien bientôt!

4:20 p.m.  
Blogger Lumières s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Chuis super énervée là moi. Un grrros merde ma belle!

7:49 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Je me croise les doigts pour toi, mais je dois dire que je suis assez confiante!
Tu vas l'avoir ma fille! :) (grosse tape dans le dos, et là tu sursautes).
Mais en même temps, un bon gros *snif*... tu vas nous manquer :(

7:58 p.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

C'est le mieux qui va t'arriver, j'en suis sûr! xxx

PS Tu m'as jamais dit finalement ce que tu portais...;-)

12:03 a.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Ben moi, pas moyen d'écrire ce matin tellement je partage ton anxiété.
Je sais que tu vas avoir ce poste, mais ça fait si longtemps que je me mets dans ta peau, depuis que tu as quitté la mienne en fait.
xxxx

8:58 a.m.  
Blogger Mamathilde s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Juli : c'est pas une image sympathique; ça fait mal. Merci de croire en moi.

Sonia : Oui, bon, j'imagine que je vais traverser de semblables épreuves. Mais déjà au deuxième jour je suis à me dire que d'autres pourraient être meilleurs que moi.

Dda : Non, celle-ci est très exactement vraie, mais tu fais bien de douter. Avec moi, on ne sait jamais

Matthieu M : Ben mon corps aussi le ressent mon stress. Merci :)

Mélie : À vrai dire, je pense que je vais faire l'ascenseur dans les prochains jours. Mais je risque de rester prise au dernier sous-sol pendant quelques temps.

Oui, on dit pareil.

Sauterelle : Depuis quand tu parles avec des édifices toi? M'enfin, ça ne veut pas dire que je ne te crois pas.

La souris : Merci pour tes ondes positives. Je vais par contre peut-être être prise pour effacer ton commentaire parce que tes ++ pas séparés font chier la mise en page !

Jen : Ah si seulement j'avais une certitude. Mais là j'ai vraiment l'impression de marcher sur le fil du rasoir.

Alex : Pantalons noirs et chemise bourgogne ;-)

8:59 a.m.  
Blogger Mamathilde s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Oh lumières; je suis passé par dessus ton commentaire (tu vois ce que j'affirmais la Souris? ;) ) Merci, merci! Je te dis même pas comment je suis énervée!

9:12 a.m.  
Blogger Mamathilde s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Miche : T'es ben donc fine. Mais on ne peut plus faire grand chose tu sais. Il ne me reste que l'attente, et c'est bien maudit.

9:30 a.m.  
Blogger Sonia s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Et le huitième jour la lumière fut!
En espérant que ce soit aussi positif pour toi ;o)

11:30 a.m.  

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