mardi, juin 13, 2006

Citoyenne du monde

Je me disais justement que je devais prendre des nouvelles auprès de sa mère. Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas lue et je me demandais comment elle allait. Mais je savais bien qu’elle ne pouvait pas écrire comme bon lui semble : elle est infirmière pour Médecins du Monde et est actuellement au Zimbabwe. C’est loin d’ici et la technologie n’est pas aussi accessible que dans cette ville où je vis. Ce matin, il y avait dans ma boîte de courriel une chronique africaine. Un rayon d’humanité qui traverse les frontières et les continents. J’ai bu mon premier café en laissant mes yeux examiner les traces que mon amie y laisse, et j’ai eu le cœur trop gros pour ma poitrine comme chaque fois que je la lis.

J’avais 8 ans, la première fois que je l’ai vue. On s’est tout de suite bien entendues. Elle venait se faire garder chez-nous le jeudi soir pendant que sa mère travaillait ce qui a participé à jeter les bases d’une amitié solide qui a perduré entre les espaces et les silences. Nous nous sommes perdues de vue plus d’une fois, mais toutes les nouvelles rencontres nourrissaient le assises déjà existantes et nous voilà, vingt-cinq ans plus tard, encore copines. Plus de la même manière que lorsque nous étions enfants, cependant il existe un lien très fort qui ne s’atténue pas au gré des voyages qui l’amènent à tous les bouts de cette planète.

À travers ses yeux j’ai regardé la Savane, les inondations haïtiennes, le tremblement de terre de Bahm, les effets du raz-de-marée indonésien. Elle m’a ouvert une porte sur l’Afghanistan et une fenêtre sur le Grand Nord dans un même élan. Mais plus que tout, elle a su tracer un portrait très juste des êtres qu’elle a croisé que ce soit avec une pellicule ou encore avec des mots qu’elle nous fait parvenir jusqu’ici. En mai 2005, elle a publié un recueil de ses chroniques au Moyen Orient. Au même moment, elle recevait un prix pour son implication en dehors du Canada, comme infirmière. Et moi j’avais le cœur qui débordait d’affection pour ce bout de femme qui se dépense sans compter pour ses semblables, semant et récoltant un millier d’étincelles partout où elle passe.

Récemment, on l’a nommée parmi les dix femmes de l’année du Québec, elle est passé un peu inaperçue, coincée qu’elle était entre deux personnalités hautement plus publiques que mon amie. Et pourtant…

Ce matin, j’ai reçu une quatrième chronique africaine et comme tout ce que j’ai lu d’elle à ce jour, c’est le parfum suave de son amour pour les hommes et les femmes qui habitent notre terre qui m’a le plus émue.

5 Commentaires:

Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Que j'aime ce portrait de femme qui s'active pour les autres. On a trop tendance à les oublier ces forçats de l'humanitaire, toujours par monts et par vaux. On perd à ne pas les écouter.
Merci Mamathilde.

2:23 p.m.  
Blogger Juli s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Et moi donc!! J'ai pleuré sur son livre: ça m'arrive presque jamais!

11:02 p.m.  
Blogger Josée s'est arrêté(e) pour réfléchir...

C'est quoi le titre du bouquin? Ça m'intéresse beaucoup des trucs du genre.. Chapeau à ton amie, elle fait preuve d'un courage que je n'aurai jamais..!

11:14 a.m.  
Anonymous Anonyme s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Voilà ce que j'appelle une belle amitié : non fondée sur l'intérêt, mais bien sur le simple plaisir de voir l'autre ou d'avoir de ses nouvelles. :)

12:03 p.m.  
Blogger Mamathilde s'est arrêté(e) pour réfléchir...

Dda : De rien, de rien. Ça me plaît beaucoup de faire l'apologie des gens que j'aime.

Juli : Et sur le texte que je t'ai transféré? Tu t'es pas au moins insurgée?

Die Sterne : Ça s'appelle les Carnets de Zoé. Et c'est pas cher en plus!

Benoît : Me crois-tu donc incapable d'amitiés sincères et désintéressées?

Allez, je rigole!

Sérieusement, je crois que les amitiés prennent toute leur saveur quand on leur laisse l'espace disponible pour s'étirer les ailes.

1:53 p.m.  

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