Quand le Manitoba ne répondra plus
Ça y est, je suis en
vacances. M'enfin, si on peut appeler les prochains jours des
vacances étant donné mon déménagement imminent, en pleine
canicule. Je sens qu'on va avoir chaud, mais comme le soulignait une
amie, comme j'ai convoqué mes aides-déménageurs tôt, on devrait
s'en sortir par trop mal.
Mais bon, déménager,
n'est pas ce qui me stresse vraiment. Là où j'accroche c'est que
comme j'ai tergiversé rien que bien en masse avant de sélectionner
une compagnie pour me fournir internet je vais être complètement
coupée du monde durant un bon quinze jours. C'est épeurant. Oh, je
vais sans doute trouver le moyen de mettre mes textes en ligne, j'ai
près de moi, des gens qui ont ce service et qui pourront sans doute
me dépanner pour que je puisse me brancher quelques secondes
histoire de mettre en ligne les textes bihebdomadaires et le petit
message que je met en ligne dans Facebook pour y inclure un lien vers
mon blogue.
Mais de nos jours, tout
passe par l'internet : en tout cas, la grosse majorité des
communications que je fais. J'ai bien peur de me retrouver isolée
dans mon nouveau monde à peu près autant que les colons qui
débarquaient sur nos rivages il y a quelques centaines d'années.
Ben oui, j'exagère, je sais bien. Il me restera encore les appels
téléphoniques, sauf que je sens que je vais avoir l'impression
d'être terriblement vintage avec des appels plutôt que des
communications internet. Il y aura aussi les textos pour me garder un
peu dans l'air du temps, n'empêche que...
Une des choses qui me
fait le plus peur d'aller vivre seule c'est justement d'être coincée
dans ma solitude. Alors, je lance une nouvelle bouteille à la mer :
mes amis si vous avez une soirée de libre dans la prochaine semaine,
textez-moi, venez visiter mon nouveau logis, j'aurai, je crois,
grandement besoin d'une communauté tissée serrée pour passer à
travers ces premiers jours parce que je me connais, je vais trouver
très difficile d'être seule avec moi-même sans télé ni internet
pour me donner le faux sentiment que je suis un peu moins seule qu'il
n'y paraît.
L'air de rien, dans 48
heures je sauterais dans la piscines de mes peurs. Heureusement pour
moi, j'ai toujours aimé l'eau et je sais nager. Sauf que ça ne
change rien au fait que j'appréhende ces moments où je n'aurai que
moi avec qui discuter, sans même un colocataire dilettante avec qui
briser le mur du silence de temps en temps.
Paradoxalement, je crois
que j'opère tous ces changements pour le mieux et que pour la
première fois de ma vie, je serai chez-moi et vraiment chez-moi.
J'oserais même croire que ce sera une étape au moins aussi
importante que celle d'avoir enfin terminé de payer mes prêts
étudiants, même si dans ce cas, je ne m'en étais pas trop aperçu
sur le coup. Cependant, je mesure quotidiennement le degré de
liberté supplémentaire que cet achèvement m'aura apporté.
En conclusion, je dirais,
en toute honnêteté que j'ai un grosse trouille colorée devant les
jours qui s'ouvrent devant moi, mais que j'ai quand même
passablement hâte de découvrir la femme que je serai une fois ce
passage franchi.
Libellés : Digressions