Halloween
Je ne peux pas prétendre
que je sois une grande adepte des déguisements. Depuis longtemps.
Oh, je le fais de temps à autres quand des amis donnent une fête
costumée pour une raison ou une autre, mais je ne suis pas de celles
qui prennent un plaisir fous à concocter un personnage pendant des
heures voire même des jours. Ce qui fait qu'il m'arrive d'oublier
que c'est Halloween le jour J. En fait, j'y pense un peu parce que
j'en entends parler à la radio, mais on dirait que l'information me
rentre par une oreille et sort directement par l'autre.
Par conséquent,
Halloween est une journée pour moi lors de laquelle je vais de
surprise en surprise. Hier par exemple, j'ai croisé un homme avec un
trou de balle dans le front à 6 heures du matin et il m'a fallut un
bonne seconde avant de comprendre que c'était un déguisement. Dans
le métro, j'ai vu quantité de personnages plus ahurissants les uns
que les autres et à tous les coups je devais me remémorer qu'on
était jour de fête pour éviter de trop dévisager les personnes
qui avaient pris la peine de se déguiser.
Près de la librairie, il
y avait bien quelques personnes costumées parmi les employés ou la
clientèle, mais disons qu'ils faisaient office de courageux. Et
traditionnellement, Halloween est une une journée pas mal morte en
librairie, la plupart du temps. Tout le monde est pressé d'aller
habiller ses propres petits monstres ce qui fait que les jeunes
familles qui forment le gros de notre clientèle ont brillé par leur
absence. Moi, j'étais complètement plongée dans mes mises en
marché de nouveautés qui me tombent dessus comme une tonne de
briques, alors, bien entendu, j'ai eu le temps d'oublier qu'on était
le 31 octobre avant la fin de la journée.
J'ai été rappelée à
l'ordre aussitôt arrivée sur la Promenade Fleury. À croire que les
employés de tous les commerces avaient l'obligation de se costumer.
Il y avait des monstres et des créatures fantastiques, partout
autour de moi pendant que des hauts-parleurs sur la promenades
faisaient entendre les trames sonores les plus connues des films
d'horreur. J'ai beau n'en avoir vu à peu près aucun, je peux
facilement identifier la plupart d'entre-elles et les associer au bon
film. Entre deux pièces musicales, la rue résonnait de rires
déments ou de cris perçants. Disons que ça vous met une
atmosphère.
Je ne me souviens plus
si, dans mon enfance, la rue était à ce point animée, ce que je
sais cependant c'est que je ne pouvais plus oublier que jour on était
et quelle fête on soulignait. Parce que même avec les fenêtres et
les portes fermées, j'entendais des bribes de l'animation sonore à
l'extérieur. Je ne peux pas prétendre que ça me faisait peur, ça
m'amusait plutôt.
Et je me suis dit qu'à
tout prendre, je préfère de loin une soirée d'Halloween un peu
trop bien appuyée à tous les bruits nocturnes que j'ai enduré au
cours des neuf dernières années.
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