Couch surfing
Si je suis toujours ravie
d'avoir déménagée, je commence à comprendre que si les nuits sont
bien moins souvent agitées par ici, lorsqu'elles le sont, cela a un
impact beaucoup plus fort. Comme si le fait d'entendre des bruits qui
ont pourtant « bercés » mes nuits durant près d'une
dizaine d'années en dehors du contexte dont j'avais l'habitude les
rendaient encore plus tonitruants.
Il y a deux nuits j'ai
été réveillée par un homme audiblement soûl qui hurlait des
insultes colorées à plein poumons. J'ignore où il était
exactement, ne résidant plus exactement sur la rue. Mon logement
étant situé à l'arrière de l'édifice il m'est difficile, au cœur
de la nuit de savoir d'où viennent les bruits. Et non, je ne
traverserai pas l'édifice à cinq heures du matin mue par la
curiosité pour identifier l'origine des sons. Toujours est-il que la
personne après qui il criait le suivait en voiture et klaxonnait de
manière quasi continue. Je ne sais pas combien de personnes ont été
réveillées par ce vacarme nocturne, mais pour ma part, ça m'a pris
un temps fou pour me rendormir.
Étrangement, dans
l'ancien appartement, les bruits étaient beaucoup plus forts parce
que beaucoup plus près de moi, mais généralement, je ne me
réveillais pas tout à fait, après avoir identifié la source du
vacarme : cela faisait partie des bruits normaux. Ici, c'est le
calme plat. Je n'entends même pas les autobus qui roulent sur la rue
Fleury, J'entends à peine mes voisins du dessus de temps en temps
quand ils se disputent ce qui n'arrive pas assez souvent pour que je
leur en tienne rigueur. Et j'ai l'habitude des pas sur ma tête que
j'entends depuis tellement longtemps que je ne les remarque même
plus.
C'est ainsi qu'après
avoir fini par comprendre ce qui me tirait hors des bras de Morphée,
j'étais beaucoup trop réveillée pour me rendormir. Je n'avais pas
envie de me sortir du lit, mais je sais d'expérience que de traîner
au lit en jouant à « pis tourne » est la pire manière
d'essayer de retrouver le sommeil. Ce qui ne m'empêche en rien, à
tous les coups de rester au lit, les yeux grands ouverts à regarder
passer le temps qui raccourci indubitablement ma nuit de sommeil.
J'ai tout de même fini
par me tanner. Je suis allée travailler sur le casse-tête qui était
en route. J'ai vu le le ciel s'éclaircir tranquillement pendant que
le soleil se levait. Par chance, je ne travaillais pas de jour,
j'avais donc le loisir de faire une sieste. C'est donc dans cet état
d'esprit que je me suis installée sur le divan avec un livre et une
grosse couverture bien chaude. Je n'ai pas dû lire beaucoup plus que
10 lignes avant de m'endormir pour de bon et de terminer ma nuit.
Je me suis réveillée
deux heures plus tard, bien reposée et même pas courbaturée. Alors
j'ai pensé, encore une fois que j'avais donc bien fait de
déménager..
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