jeudi, novembre 15, 2018

Tourneboulée

Hier, c'était l'anniversaire de Zazou. Trois ans. Depuis quelques mois, lorsqu'on lui demandait quel âge il avait, il répondait qu'il avait 9 ans et demi mais qu'il aurait 3 ans le 14 novembre. Il est à une période de sa vie où les chiffres n'ont pas tellement de sens, en tout cas, c'est ce que je crois. J'ai eu l'idée de l'appeler pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, même si je sais que nous ferons une fête de famille en fin de semaine pour souligner l'événement.

Parce que je travaillais de soir le jour de son anniversaire, je l'ai appelé la veille. Mais appeler Zazou, ça veut dire le faire via facetime, pour lui, parler au téléphone, ça se fait de visu beaucoup plus qu'avec un appareil collé sur l'oreille. Les temps changent. Mais les enfants eux, restent des enfants. Je crois qu'il était content que mon appel soit pour lui. Même si comme à bien des moments où je suis en contact avec lui, il est un peu timide au début, pas tout à fait disponible et surtout passablement excité.

Je dirais que je n'ai pas appris grand choses de ses récentes activités. J'avais beau poser des questions, il passait le plus clair du temps qui nous a été imparti à tourner le téléphone dans tous les sens pour me montrer qu'il savait sauter par-ci ou courir par-là, etc. Il m'a bien montrer de jolis bricolages de sa création et quand je m'étonnais de son talent, il souriait satisfait, et passait à un autre sujet en promenant le téléphone dans tous les sens.

Et quand sa mère essayait de me placer dans une situation plus stable, Coccinelle se mettait de la partie en appuyant un peu n'importe où dans l'écran, le faisant virer au noir, ou en caméra inversée ou encore sur pause. Mettons que j'ai passé beaucoup de temps au téléphone dans mon adolescence, mais jamais je n'aurais pratiqué ces heures de conversation dans des circonstances ressemblent de près ou de loin à l'appel de mardi soir.

Je ne sais pas trop comment ma sœur a réussi son coup, un truc de mère je suppose, mais elle a fini par poser la bonne question à son fils pour qu'il ait envie de me raconter une anecdote de garderie : il avait fait de la pâte à modeler, play doh en anglais, dixit le bambin de trois ans. Il avait commencé par se faire une canne-à-pêche, pour faire comme Papa, sauf que s'il boulait telle partie et tournait telle autre (je n'ai honnêtement pas trop compris où était son mécanisme), la canne-à-pêche se transformait en fusil. Par voie de conséquence j'ai été copieusement mitraillée par sa création imaginaire, parce qu'on ne peut décemment pas parler de fusil sans en faire le bruit.

Cet appel aura duré tout au plus 7 minutes. Mais j'en suis sortie complètement tourneboulée. J'avais sérieusement le tournis à force de me faire promener dans tous les sens. En fait, ce n'est pas assez fort pour décrire mon état d'hébétude et de mal de tête. La réalité c'est que je venait de comprendre à quoi pouvait bien ressembler un passage dans le Traboulidon. Zazou ne comprendra certainement jamais la référence, mais sa maman sans aucun doute.

Ceci étant dit, il n'est absolument pas exclu que je réitère l'expérience pour une autre occasion. Qui sait ce que je pourrais apprendre à mon prochain passage dans le Traboulidon?

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