Le grand tricoteur
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Il y a de ces artistes qu'on ne se tanne pas de voir. Pour diverses raisons, mais surtout parce qu'ils donnent un bon show. Je ne connaissais pas trop Antoine Gratton avant de rester avec Julie, je savais qu'elle l'aimait beaucoup, j'aimais assez son oeuvre sans y porter une attention particulière. Comme nous partageons toutes les deux un amour des spectacles, que nous adorons aller en voir au Verre Bouteille parce que la salle est si chaleureuse, Julie m'a tirée, presque de force, pour que j'aille voir ledit Antoine dans ladite salle, il y a quelques temps. Ce n'était pas un spectacle en solo, c'était un duo avec un certain Manuel Gasse. Connaît pas. Pas trop curieuse non plus de savoir qui il est, pour aucune raison valable dans le monde. Comme je travaillais ce soir là, je suis arrivée pour la seconde partie du spectacle. Pas grave, les deuxièmes parties sont souvent les plus fortes, les artistes profitant de la première pour se réchauffer un peu.
Antoine, c'est Antoine. D'abord, le Verre Bouteille c'est un peu son salon. Et puis, il a ce sens du spectacle super développé. Il communique avec sa salle, tout le temps. Il joue, pleinement content d'être là. Tellement qu'on entend les notes de ses sourires se mêler à ses textes. Et les glissements dont il a le secret qui font je que suis totalement incapable de le chanter a capela, parce que moi vous avez, j'ai un peu de difficulté à chanter. Ce soir-là en plus il avait une réplique. Un jeune bonhomme avec qui il s'amuse bien. C'est évident qu'ils ont fait beaucoup de chemin ensemble. Qu'ils se connaissent et se respectent énormément. Ils se taquinent entre deux chansons. Manuel ne laissant pas sa place à ce sujet. Ni sur la scène d'ailleurs. Prendre une place quand la plupart des spectateurs sont là pour l'autre ne doit pas être une chose aisée. Cependant, Antoine est très généreux de cette scène partager, y allant de belles présentations qui mettent sont compagnon de scène en valeur. Et tellement, tellement de plaisir.
La seconde partie du spectacle a commencé sur une chanson d'Antoine que je me suis surprise à connaître par coeur. C'est la faute à Julie. Un espèce de bruit de fond en provenance de sa chambre, de temps à autre, qui fini par me rentrer totalement dans les oreilles et dans le cerveau. La chanson suivante en était une de Manuel. Je n'ai pas d'attente. En fait, j'ai plutôt une solide dose de mauvaise foi. En partant, j'avais l'impression qu'il n'était là que pour mettre l'autre en valeur. Eh bien, je me suis fait avoir. Il est un auteur-compositeur-interprète. Malheureusement inconnu. Ou presque inconnu. Les textes sont riches et les musiques davantage encore. Et sa voix... Une belle voix d'homme qui se promène dans des sphères trop aigues pour ma voix de fille. Et il réussi à chanter vraiment juste, sans arrangement de studio. Je me penche vers Julie pour lui dire qu'il nous faut cet album IMPÉRATIVEMENT. Elle me renvoie ce regard émerveillé qui me répond mieux que n'importe quelle formule. On fait nos comptes, et on trouve les cennes qu'il nous faut pour nous procurer le dit disque. C'est une urgence. Ça s'appelle Être un homme. C'est beau, c'est simple et ça sent le vrai.
J'ai vraiment l'air d'avoir été achetée par le Verre Bouteille, je sais bien. Mais vraiment, je pense que tout le monde devrait aller y voir un spectacle une fois. C'est souvent bon, rarement décevant. Et quand on est assis dans la salle, on fait tout autant partie du spectacle que les gens sur la scène. Ça vibre, c'est plein d'émotions. Nous, on y retourne souvent. Et on est retombées sur Manuel Gasse, cette fois avec d'autres garçons, peut-être un peu plus connus que lui. Et puis à un moment donné, il s'est un peu éloigné de son micro pour une note et il a entendu deux filles qu'il ne connaît pas, hurler les paroles de sa chanson. C'est sorti tout seul, il nous a dit « Yé » entre deux vers.
Le premier soir, j'étais allée voir un spectacle d'Antoine Gratton un peu à reculons. Je suis arrivée dans une atmosphère électrique, digne du Centre Bell parce que le gars sait comment conquérir sa salle. Seul ou accompagné D'une manière ou d'une autre, il joue jusqu'au fond de l'âme pour tout le public qui est présent. Et lorsqu'il amène dans son sillage quelqu'un d'un peu moins connu que lui, il sait lui donner tout l'espace nécessaire pour que ce dernier puisse prendre un envol.
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Je savais que lundi dernier, au Verre Bouteille (oui, je sais, je suis rendue addict) il y avait un spectacle de René Flageole. Lui, c'est l'âme des spectacles qui s'y déroule; le grand organisateur de ces événements musicaux qui mettent souvent de l'avant la relève, mais pas uniquement cela. J'étais consciente de prime abord qu'il est un bon musicien ; je l'avais déjà vu accompagner d'autres artistes, souvent à pied levé. Par contre j'avais ma petite réserve quand à ses propres compositions, ce que j'en avais entendu ne m'avait pas jetée à terre. En finissant de travailler, j'ai donc porté mes pas jusqu'au bar parce qu'il fallait bien que je vois.
Je suis arrivée pendant la première partie. La salle était presque vide. Mais toutes les personnes présentes étaient complètement prises par le spectacle. Je me suis glissée à une table discrète à l'arrière, j'ai ouvert mon cahier pour y prendre des notes. Sauf que je me suis tellement laissée prendre par ce que je voyais sur scène, par l'énergie qui en émanait que j'ai oublié mon cahier. Le spectacle Dans mon film à moi est construit sur le modèle des musicographies que l'on voit à la télévision. Avec des artistes invités et des critiques conviés à faire part de leurs opinion sur René Flageole. On a aussi droit à des images d'archives réelles, de la carrière musicale de René. Le traitement est très drôle et bien ficelé. On se laisse facilement prendre au jeu.
Le mieux, c'est que ces éléments audio-visuels ne gâchent en rien le spectacle musical en lui-même. Au contraire, les enchaînements sont fluides et sans heurts. Les trois musiciens sur scène; René Flageole (guitare et voix) Karl Surprenant (basse, contrebasse et accompagnements vocaux) et José Major (batterie) sont en parfaite harmonie les uns avec les autres. On peut y entendre une bonne variété musicale allant de la ballade à des airs soft-rock jazzés. Les textes sont très léchés, la poésie forte quoique quelquefois un peu trop alambiquée ce que qui fait qu'on perd un peu le contenu du propos. C'est aussi un spectacle avec invité. Lundi dernier c'était Antoine Gratton, qui interprétait quelques chanson de René. Charmant, vraiment de l'entendre chanter Le Loup de cette manière très blues qui lui est propre. Ça donnait une autre couleurs aux composition de monsieur Flageole.
Les lundis 27 novembre et 4 décembre 2006, il remet ça, avec d'autres invités (que je ne connais pas à l'heure actuelle). Si vous avez un petit moment de libre un de ces soirs-là, je vous invite fortement à aller y faire un tour. Et puis la salle est tellement sympathique. Les billets se vendent 5 $ en prévente ou 7$ à la porte.
Bon spectacle!
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